Adjoint au maire délégué à l’éducation et parmi les organisateurs du Festival du Livre de Nice, Jean-Luc Gagliolo revient sur l’ambition et l’esprit d’un événement devenu incontournable. Rencontre autour des enjeux d’une manifestation profondément ancrée dans la cité.
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Le Festival du Livre de Nice célèbre une nouvelle édition placée sous le signe du dialogue et de l’actualité. Quel rôle joue cet événement dans une ville comme Nice ?
Nice est avant tout une ville culturelle, riche en patrimoine et en histoire, une cité de rencontres où se croisent des gens de toutes origines, depuis toujours. La littérature rassemble autour d’un loisir commun, d’une passion partagée.
Le festival démontre chaque année que des dizaines de milliers de visiteurs ont encore le goût de la lecture. C’est rassurant : cela montre que malgré l’omniprésence des écrans, la lecture conserve une place essentielle dans notre société.
Comment toucher les jeunes publics, les scolaires ou les personnes éloignées de la culture ? Peut-on encore « convertir » à la lecture en 2025 ?
Nous avons récemment obtenu le label « Éducation artistique et culturelle », reconnaissant l’action municipale en faveur de la diffusion culturelle, notamment auprès des jeunes. Nous faisons venir des auteurs dans les établissements scolaires, nous organisons des ateliers… La lecture demeure le loisir culturel accessible par excellence. Une priorité pour nous.
La concurrence des autres activités est-elle problématique ?
Quand on parle d’écrivains aux enfants, ils pensent souvent à des auteurs morts. Or, il est essentiel de leur montrer que les écrivains sont vivants, que leurs livres évoquent leur quotidien. Notre enjeu est de faire comprendre aux jeunes que lire est accessible, enrichissant, et complémentaire des écrans. Cela développe leur imaginaire, structure leur pensée et enrichit leur vocabulaire.

Votre programmation mêle littérature, essais politiques, bandes dessinées… Comment choisissez-vous les grandes lignes chaque année ? Quel message souhaitez-vous transmettre ?
Chaque édition est articulée autour d’un thème précis. L’an dernier, nous avions choisi « le courage », en lien avec l’actualité, sous la présidence de Boualem Sansal. Cette année, à l’approche du sommet de l’ONU sur l’océan (UNOC), nous avons retenu « Prendre le large », une métaphore sur le voyage, l’évasion.
Le Prix Nice Baie des Anges est devenu prestigieux. Que symbolise-t-il pour vous ?
Ce prix a la particularité d’être décerné par un jury mixte composé de dix-huit membres : huit professionnels et dix lecteurs passionnés, volontaires, issus du grand public. Ce fonctionnement donne une véritable noblesse à ce prix, permettant de choisir l’ouvrage qui convainc le plus largement possible.
Cette année, il revient à Andreï Makine pour « Prisonnier du rêve écarlate ». Qu’est-ce qui a séduit le jury dans ce roman ?
C’est un livre doté d’un véritable souffle littéraire, rappelant les grands romans russes, Tolstoï notamment. Il raconte l’Union soviétique sur trois décennies avec ses travers et ses désillusions. Ce livre puissant a embarqué le jury presque immédiatement, frôlant même une désignation dès le premier tour !
De nombreux auteurs prennent désormais position sur des sujets de société. Le festival est-il aussi un espace de débat ?
Un festival littéraire ne peut pas seulement être un lieu de débats. C’est aussi un espace de distraction, de joie, d’échanges avec les auteurs. Chaque année, près de 200 écrivains rencontrent 60.000 visiteurs. C’est avant tout un moment privilégié de proximité et de partage entre les auteurs et les lecteurs.









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