Les épreuves sur glace des Jeux olympiques d’hiver 2030 risquent de quitter définitivement Nice pour s’implanter à Lyon. Le récent refus de la municipalité azuréenne d’aménager l’Allianz Riviera a poussé les organisateurs à inspecter activement les infrastructures rhodaniennes ces dernières semaines. Une décision officielle actant ce transfert majeur pour notre région devrait tomber d’ici un mois.
Initialement promise à notre territoire, la grande fête olympique sur patins prépare ses cartons pour quitter définitivement les bords de la Méditerranée. Rien n’est acté. Mais…
L’équation de départ semblait pourtant limpide et géographiquement assez équilibrée. Dans le dossier Alpes 2030 porté à l’origine par Renaud Muselier et Laurent Wauquiez, le partage des rôles ne faisait aucun doute. Selon le projet initial, « le ski devait être dans le Nord, et la glace au Sud », se souvient très exactement Fabrice Pannekoucke, l’actuel président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Mais les récents bouleversements politiques ont fait voler en éclats cette organisation. Récemment élu à la mairie de Nice sous les couleurs de l’UDR, Eric Ciotti a fermement refusé d’installer une patinoire temporaire dans le stade de football de l’Allianz Riviera. Cette enceinte sportive devait pourtant accueillir les rencontres de hockey masculin.
L’effet domino sur les autres disciplines
Le comité d’organisation s’est mis en quête d’alternatives loin de nos côtes. Les regards se sont tournés vers la métropole lyonnaise et Paris, précipitant la chute du fragile château de cartes azuréen.
L’idée de séparer les tournois n’a d’ailleurs pas survécu bien longtemps aux exigences logistiques. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes rapporte l’impossibilité d’une telle scission : « il semblerait que les épreuves de hockey ne puissent pas être segmentées entre le masculin et le féminin et que cela entraîne l’ensemble du pole glace ».
Le déménagement prend donc peu à peu une tournure inéluctable dans les couloirs des instances sportives. Le patron de la région AURA admet publiquement que la tendance penche lourdement en faveur du Rhône. Même si la prudence reste de rigueur, il confirme clairement que « nous nous orientons » vers le transfert de l’ensemble du pôle glace vers Lyon et sa métropole.
L’amertume azuréenne face à l’enthousiasme rhodanien
Sur les rives de la Saône, les élus préparent le terrain avec une gourmandise non dissimulée. Grégory Doucet, le maire écologiste, se frotte ouvertement les mains devant cette aubaine : « Je suis très heureux que le Cojop (comité d’organisation des jeux olympiques et paralympiques) s’intéresse de près à Lyon et au territoire lyonnais ».
Ces dernières semaines, les délégations ont intensifié leurs visites pour inspecter minutieusement plusieurs sites capables d’héberger les athlètes et le grand public. La LDLC Arena de Décines-Charpieu avec sa capacité de 16.000 spectateurs, le centre de convention Eurexpo à Chassieu, ainsi que deux patinoires et un complexe sportif ont reçu la visite des officiels.
L’édile affirme avoir perçu d’excellents retours lors de ces repérages. Il souligne : « J’ai eu vent de leur appréciation très positive » pour des infrastructures qui, selon lui, « peuvent accueillir tout type d’événement ». L’ambition pousse même jusqu’à proposer la construction d’un village des athlètes dans le quartier de la Confluence, tout en glissant l’idée d’accueillir un moment symbolique : « pourquoi pas la cérémonie d’ouverture ? »
Les Niçois pas forcément scandalisés

Laurent Wauquiez, député LR de Haute-Loire, se montre tout aussi rassuré sur le maintien de l’événement dans le périmètre global prévu. L’élu, réagissant aux informations parues dans Le Parisien, promet que « Les JO resteront ancrés dans nos deux Régions ». Il martèle d’ailleurs : « On est très confiant » car « tous les clignotants sont en train de se mettre au vert ».
À l’autre bout de l’échiquier, sous le soleil azuréen, la pilule a beaucoup de mal à passer. Le maire de Nice constate avec une certaine colère les dégâts. « Il semble désormais que la présence même des Jeux à Nice soit remise en cause », regrette Eric Ciotti.
L’élu fulmine contre cette réorganisation qui ampute brutalement le Sud de ses espérances sportives. « Une telle issue priverait quasiment la région Provence-Alpes-Côte d’Azur de toute épreuve olympique, alors même que l’initiative de cette candidature est venue de la Région. Ce serait un manque de considération incompréhensible à l’égard de notre territoire et de ses habitants », s’indigne-t-il, annonçant avoir saisi le président de la République Emmanuel Macron.
Une récente consultation des lecteurs de Nice-Presse laissait toutefois entrevoir que les habitants ne seraient pas chagrinés de voir s’éloigner d’aussi importantes dépenses…
Les prochaines réunions entre les différentes parties prenantes s’annoncent cruciales. Selon Fabrice Pannekoucke, la rencontre de vendredi et celles prévues en juin « permettront de fixer les choses d’ici un mois ».
Ce qui est important
- La municipalité de Nice refuse d’aménager l’Allianz Riviera en patinoire provisoire pour les tournois de hockey masculin.
- Les organisateurs prévoient de transférer l’intégralité des épreuves sur glace en direction de la métropole lyonnaise.
- Eric Ciotti redoute la disparition définitive de toute compétition olympique au sein de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Nice-Presse avec agence





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