Pour sa séance de rentrée, le conseil municipal de Nice débattait de ses grandes orientations budgétaires 2025 - que nous vous dévoilions déjà en début de semaine. La gauche appelle à alourdir la note pour les propriétaires de résidences secondaires… mais cela n’arrivera sans doute pas. On vous explique pourquoi.
C’est sur le logement, surtout, que le bât blesse dans le prochain budget communal. Selon les élus du groupe « Nice Écologique », en tous les cas, ce vendredi 18 octobre, pour le conseil de rentrée. Suivant la présentation de ses grandes lignes par Christian Estrosi - les chiffres exacts seront débattus et votés au cours d’une autre séance - l’écologiste Fabrice Decoupigny a réclamé à la Ville de faire grimper l’une de ses taxes.
« La situation du logement à Nice est devenue insupportable » a-t-il estimé. « Tous les ménages sont aujourd’hui touchés, y compris les plus favorisés. Pourtant, les appartements existent bien, ils ne sont juste pas sur le marché ». Prenant en compte les vacants et les résidences secondaires, l’édile a estimé que plus d’un quart de l’habitat serait concerné.
L’an prochain, la taxe foncière n’augmentera pas, après avoir progressé de 19% en 2024. Idem pour le taux communal de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, maintenu par l’exécutif à 25,15%. C’est sur ce dernier point qu’il faut agir, selon « Nice Écologique ».
En Conseil municipal, @nicedecoupigny intervient sur le débat d’orientation budgétaire et la politique de logement de la ville en rappelant notamment que 75% des propriétaires des résidences secondaires sur le Littoral habitent hors de la région PACA et à l’étranger. pic.twitter.com/HEHAbp0MJn
— Élus Écologistes | Ville & Métropole de Nice 🌻 🌍 (@NiceEcolo) October 18, 2024
« Vous devez faire passer ce taux de 25 à 35%. Cela ne pèsera pas sur le contribuable niçois » analyse Fabrice Decoupigny. « La plupart des personnes concernées ne vivent même pas en région PACA. Et les Niçois qui ont une résidence secondaire sont propriétaires dans l’arrière-pays. Cette progression de la taxe nous permettrait d’obtenir 33 millions d’euros chaque année, qui pourraient être fléchés vers le logement social, et vers un fonds de garantie des loyers pour les actifs ».
« Idée terrifiante »
C’est peu de dire que l’idée est fraîchement accueillie par la majorité. Réponse du premier adjoint Anthony Borré : « Votre proposition est terrifiante. Vous entendez mener une chasse aux propriétaires. Certains ont leur maison dans l’arrière-pays et leur secondaire en ville ». Et de rappeler : « nous avons déjà porté à son maximum la surtaxe, jusqu’à 60%». Tout comme Villefranche-sur-Mer, Beaulieu-sur-Mer ou encore Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes.
Dernier clou sur le cercueil de cette éventuelle mesure, l’explication de texte proposée par le président de la commission des finances, Philippe Pradal : « je pense que l’on ne gagne rien en opposant les uns aux autres. Ce serait le fait d’extrémistes, pas de ceux qui respectent la République. Et quand bien même. Puisque la règle nous oblige à augmenter aussi la taxe foncière si nous souhaitions le faire pour celle concernant les résidences secondaires. Donc ce n’est pas possible ». Une référence ici à la « règle du lien » de 1980 visant à protéger les contribuables non-électeurs.
Rappelons que le conseil municipal a, déjà, validé avant l’été une évolution de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires de 21,10% à 25,15%…
Au cours de la même séance, l’autre groupe de l’opposition, celui de « Retrouver Nice » (ex-RN) a suggéré de vendre au privé le Grand stade Allianz Riviera, pour faire des économies.






