Le Théâtre national a officiellement lancé son Festival de tragédies. Depuis les Arènes de Cimiez, les spectateurs ont pu découvrir la représentation de « Phèdre ». Un cadre enchanteur qui pose bien des défis.
C’est un lieu chargé d’histoire ! Construites par les Romains, les Arènes de Cimiez se transforment en un théâtre à ciel ouvert pendant une quinzaine de jours. Et pour cause, le TNN y a posé ses valises pour présenter son nouveau Festival de tragédies.
Du 19 juin au 3 juillet, les spectateurs peuvent découvrir cinq créations, avec de grands textes du répertoire.

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Phèdre de Racine a lancé ce rendez-vous, avec quatre représentations. Mise en scène par Muriel Mayette-Holtz, la directrice du TNN, cette pièce dévoile « l’histoire d’un désir qui prend le pouvoir ». Nous nous sommes glissés dans les préparatifs quelques heures avant la représentation du 21 juin.
Long travail en amont
Tester les caissons, passer un coup d’aspirateur sur le tapis, faire sécher les bâches… À trois heures du « top départ », les équipes peaufinent les derniers détails. Cyril Giroux est compositeur pour le TNN, et a réalisé la musique du spectacle Phèdre. « On est sur la troisième, tout est prêt » détaille-t-il. « On travaille en amont, entre six et huit mois avant la première ».
Dans ce lieu historique, il est nécessaire de s’adapter aux différentes contraintes liées à l’extérieur. « Par exemple, j’ai besoin de sons qui viennent du fond pour créer un relief. Avec le régisseur son, on a vu comment mettre des enceintes, sans qu’elles ne soient trop visibles. Elles sont recouvertes par un espèce de drap beige…»

Justement, un peu plus loin, Guillaume Pomares, régisseur son, teste le tout. « L’année dernière, on était déjà là, mais dans une autre configuration » explique-t-il. « La difficulté, c’est de faire en sorte que le jour où l’on arrive, un maximum de choses soient déjà prévues et pensées ».
Et cette fois-ci, il y a une particularité : « en plus de faire une création avec l’équipe du TNN, on va aussi accueillir des spectacles qui ont été créés ailleurs. Ça va demander beaucoup d’adaptation. On essaie donc d’avoir quelque chose d’assez ‘clé en main’, pour répondre à toutes les demandes ».
« L’espace le plus vierge possible »
En 2023, une « version d’essai », avec la représentation Le Préjugé vaincu de Marivaux, avait déjà été donnée dans ces arènes. Pour la première édition du festival, les équipes poursuivent les tests. « On n’est pas en concert, où l’on pourrait avoir de la technique de partout avec des haut-parleurs et des projecteurs partout. Ici, on est dans du théâtre, on veut conserver le site dans son espace le plus vierge possible, avec un minimum de technique » continue Guillaume Pomares.

« L’année dernière, on a essayé de travailler avec des haut-parleurs au sol mais ce n’était pas parfait. Même si c’était discret, ça empiétait sur l’espace de jeu… C’est mieux quand on arrive à les dissimuler. La configuration a été modifiée au bout de quelques jours ».
Pour le festival, « on a essayé autre chose mais on ne peut pas dire que visuellement ça soit magnifique non plus…» L’enjeu reste de ne pas dénaturer le cadre.
Alexandre Toscani, régisseur lumière, connaît bien les lieux. « J’ai travaillé dans ces arènes à l’époque du Nice Jazz Festival (jusqu’en 2011, l’événement s’est tenu ici avant d’être déplacé en cœur de ville, NDLR). Au niveau technique, c’est déjà mieux organisé que l’an passé. Mais ce n’est pas encore ça, ça peut encore être amélioré… Par exemple, la régie est trop haute. On entend tous les bruits autour. Il faut trouver la bonne configuration pour le gradin, afin d’avoir le plus possible d’espace ». Les aménagements définitifs sont annoncés pour l’été prochain.






