EXCLUSIF - Samedi, Henry-​Jean Servat, élu chargé du cinéma à Nice, prenait des distances avec la politique cultu­relle menée par la munici­palité à l'antenne d'une radio locale. Lundi, Christian Estrosi annonçait sa "convo­cation" après des "propos inadmis­sibles".

Mise à jour : "Rupture de confiance": à Nice, Estrosi vire Henry-​Jean Servat de sa majorité

Ce 19 juin en fin de soirée, l'écrivain a transmis à Nice-​Presse, pour ne laisser place à aucun malen­tendu, une réaction écrite que nous relayons en intégralité.

Henry-​Jean Servat : "J’ai d’autant moins critiqué la gestion des exposi­tions à Nice que c’est moi qui ai apporté la plus belle exposition du Palais Masséna, les "Rêveries de la Côte d’Azur" de Jacques Cordier, qui a attiré plus de 19.000 visiteurs. J’ai voulu en monter d’autres à Nice qui m’ont été refusées, mais que j’ai faites et que j’irai faire ailleurs".

"J’ai d’autant moins dénoncé l’incompétence des agents du cinéma avec lesquels je travaille quoti­dien­nement que j’adore la Cinémathèque et que j’y présente les films plusieurs fois par semaine avec des invités épatants. Je n’ai de problèmes avec personne. J’ai dénoncé et je dénonce encore, seule, l’incompétence totale, à ce poste, de la direc­trice du cinéma que je souligne depuis deux ans. Je le lui ai dit. Elle peut être très bien, mais ailleurs".

"J’adore d’autant plus l’Opéra que j'en tenais la rubrique à Paris-​Match et à Télématin, que j’ai inter­viewé toutes les plus grandes stars du monde, que j’ai moi-​même mis en scène un opéra ‘La Traviata’ repré­senté 32 fois avec un prélude lu par Isabelle Adjani et les bijoux portés par la Callas à la Scala, que j’ai proposé et présenté moi-​même sur scène le ‘DomJuan’ de Mozart filmé en 3h20 par Joseph Losey, sur la scène de l’Opéra de Nice, devant 550 specta­teurs payants. Et ravis. À woke, woke et demi…"

"J’ai d’autant plus aimé le Théâtre d'Yves Bayard que c’est moi qui ai couvert son inaugu­ration pour Libération (dont j’étais chroni­queur théâtral) et que j’y suis venu filmer ses spectacles et comédiens à trois reprises pour la télévision. Pour la gloire de ses deux salles. Aucun amateur de théâtre ne peut en voir détruire un, sans un pincement au coeur. Je l’ai eu et je l’ai dit. Et je me suis incliné devant la nécessité (et les regrets) de sa destruction".

"Je suis d’autant plus conscient de la grandeur et de la splendeur de Nice (où j’ai choisi d’habiter) qu’elles me fascinent, que j’ai voulu travailler à son plus grand rayon­nement et que je ne n’ai pas été convié à le faire".

"J’ai d’autant plus d’étonnement devant le mauvais procès qui m’est fait par des gens qui devraient peut-​être travailler davantage que j’ai, depuis trois ans, multiplié les lettres et propo­si­tions d'idées. Seize sont restées sans réponse".

"J’ai d’autant plus de joie à travailler pour les animaux Niçois que Brigitte B, dans un mot encadré dans mon bureau, me dit 'vouloir venir installer la Madrague sur la Promenade des Anglais' pour être bien, ici".

"Tout cela et le reste n’entament pas mon entrain à oeuvrer pour Nice, ville selon mon coeur, avec deux déléga­tions et une seule indemnité, des résultats formi­dables dans mon travail, bientôt une antenne de la LPO, que je suis heureux et fier d'apporter et que la majorité des villes nous envient".

"Je n’aime pas les oeuvres d’Orlinski. Le mot 'horrible' était certes excessif. Je le regrette, mais je ne les mettrai pas chez moi pour autant, et les vanda­liser est inexcu­sable. Bonne chance à cette exposition.
Cordialement,
— Henry-​Jean Servat, franc et loyal. Toujours."

Sa réponse au Centre LGBT+

Toujours ce lundi 19 juin, le centre lesbien, gay bi et trans de la Côte d'Azur avait dénoncé les propos de l'élu sur la "dérive woke de l'Opéra", criti­quant "un fantasme de l'extrême droite".

Henry-​Jean Servat lui répond également : "Le centre LGBT de Nice, au courant de rien, qui ignore tout de l'opéra, de la polémique et du reste, ramène sa fraise. Lorsque j'ai mis en scène 'La Traviata', j'avais, pour l'acte final, tendu les murs d'un kakémono avec le sigle du Sida. Qu'en dis-tu ?"

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