Alors que le nombre d’agressions progresse à Nice comme dans le reste du pays, le groupe d’opposition mené par Philippe Vardon réclame bien davantage d’embauches dans la police municipale.
Nice est l’une des grandes villes françaises les plus épargnées par la progression de la violence. La situation n’y est pas non plus idyllique, mais la capitale maralpine s’en tire bien mieux que Lille, Bordeaux, Lyon, Marseille… Ce qui n’empêche pas l’opposition communale d’être dans son rôle, et de lire entre les lignes.
« Ce n’est pas seulement le taux brut de criminalité qu’il convient d’observer mais aussi la tendance » fait valoir Philippe Vardon (Reconquête) en cette fin avril. « Concernant les violences sexuelles, la majorité municipale se vante de la 39ème place de Nice. Sauf que le nombre d’agressions sexuelles a doublé depuis le confinement ».
Contexte national, pas local
Lire aussi : Délinquance. “Villes les plus dangereuses de France”: deux communes de Provence-Alpes-Côte d’Azur épinglées
À lire les rapports du ministère de l’Intérieur, c’est exact, mais le contexte s’impose. On dénombre 1,25 cas de violence sexuelle pour 1000 habitants ici en 2023, en recul sur un an, mais en très forte hausse sur plusieurs années : 0,64 en 2016, 0,9 en 2019… Une progression qui suit en tout point la tendance nationale et celle des autres grandes villes. Sauf l’an passé, où Nice décompte moins de crimes que les autres.
De même, depuis le mouvement MeToo il y a huit ans, et les nombreuses affaires judiciaro-médiatiques autour des violences sexuelles, la parole des femmes s’est libérée, ou à tout le moins, elle a enfin été écoutée comme il se doit. Les plaintes ont été mieux accompagnées ; certaines poursuites ont également été lancées après les confinements et non pendant, ce qui explique le bond observé. Les chiffres sont-ils donc rassurants ? Non, mais il n’y a pas spécialement de « particularisme niçois ».
Des faits violents qui progressent
« Sinon, Christian Estrosi passe sous silence les violences volontaires (les coups et blessures hors du domicile familial) : pourquoi ? Peut-être parce qu’on en en dénombre 4 par jour, le pire record depuis que ces faits sont décomptés !» continue Philippe Vardon.

C’est en effet le point noir du dernier bilan, souligné par Nice-Presse il y a un mois : entre 2016 et 2023, les agressions progressent de 19%. La tendance est mauvaise pour les vols commis avec une arme : on en décomptait 0,17 pour 1000 habitants en 2016, et 0,19 l’année dernière. Deux indicateurs pour lesquels elle s’en tire bien mieux, par exemple, que Cannes.

(TOUJOURS) PAS ASSEZ DE POLICIERS MUNICIPAUX, D’APRÈS « RETROUVER NICE »
«Christian Estrosi fait comme si les effectifs de la police municipale augmentaient. C’est faux » continue d’étriller le groupe apparenté au parti d’Eric Zemmour. « La ville compte toujours 450 agents, malgré plusieurs annonces d’embauches, dont 80 en 2021. Où sont -elles passées ? Où est passé l’argent ?» Dans le dernier « Plan Sécurité » défendu par le premier adjoint Anthony Borré, la Ville s’engage à recruter 50 nouveaux policiers au cours des trois prochains exercices budgétaires. Dans nos colonnes le 7 mars dernier, Christian Estrosi épinglait par ailleurs le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin au sujet des effectifs très insuffisants des nationaux.





Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.