Face à la grogne qui monte au sujet d’une détérioration du service des TER en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la collectivité régionale a rappelé son combat prioritaire pour la régularité des trains. De son côté, l’opposition RN demande l’ouverture d’une « mission d’information ».
C’est l’un des grands sujets d’actualité en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Depuis la publication du rapport d’UFC-Que Choisir mi-septembre sur la qualité du service TER, les sorties publiques à ce propos se multiplient. Il est vrai qu’avoir la région comptant le plus de trains en retard de toute la France fait tâche, et surtout nécessite des ajustements.
Pour tenter de rassurer les usagers, et montrer que la collectivité ne reste pas les bras ballants face à ce problème, Renaud Muselier, le président de la Région Sud, a tenu une conférence de presse mercredi, faisant ainsi une mise au point sur la thématique des transports.
2023, une année ratée
Défendant dans un premier temps son bilan, il indique qu’en sept ans, depuis son élection donc, dix points de régularité ont été gagnés « pour atteindre 90% en 2022 après être monté à 92% en 2021″, précise-t-il. Mais 2023 a marqué un tournant, puisque nous n’étions plus qu’à 84,7% de trains à l’heure, contre 88,95% pour la moyenne française. « Il a été observé une dégradation de la ponctualité l’année passée », a-t-il reconnu lors de sa prise de parole.
Alors pour régler ce problème, plusieurs actions ont été mises en place. Des discussions ont eu lieu avec la SNCF à partir du printemps 2023, cette dernière a également élaboré un plan visant à identifier les causes des irrégularités,
qu’elles soient internes (grèves) ou externes (incidents liés aux voyageurs, à la faune ou à l’infrastructure).
Des pénalités ont aussi été infligées à la Société nationale des chemins de fer : trois millions d’euros l’an passé et un million supplémentaire en 2024. Les nouveaux contrats prévoient un déplafonnement à 8 millions d’euros maximum pour les pénalités. Ces derniers mois, une « amélioration de la ponctualité » aurait été constatée, sachant que la Région demande des retours réguliers aux usagers.
Nombreux chantiers
Afin d’améliorer le service proposé, l’ouverture à la concurrence est un autre point clé souhaité par la collectivité. Cela doit permettre d’avoir un train tous les quarts d’heure entre les Alpes-Maritimes et Monaco à partir du 15 décembre (un taux de 98% de régularité ambitionné) et un voyage par heure avec Transdev Rail Sud pour l’axe Marseille-Toulon-Nice à compter de juin 2025.
Parmi les autres projets évoqués, il y a le nouveau système de billet unique sur l’ensemble du territoire régional afin de simplifier la réservation et la vente. Il sera valable en 2025. Autre sujet d’inquiétude pour les utilisateurs, la fermeture partielle puis complète de la ligne du « train des Merveilles » jusqu’au 13 décembre 2025, pour une réouverture programmée le lendemain. Un chantier qui sera bien sûr pénalisant pour les habitants et les travailleurs de la vallée de la Roya, mais qui permettra de moderniser le réseau, d’augmenter l’offre de « 46%» et d’améliorer le confort des voyageurs.
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Des difficultés provisoires sont aussi attendues sur la route reliant la Baie des Anges et Vintimille, qui passe notamment par Monaco. Les wagons ne circuleront pas du dimanche au jeudi entre 22 et 6 heures jusqu’au 26 juin 2025, avec des bus de substitution mis en service. Des travaux qui sont vecteurs de discussions animées, voire de conflits, entre les parties concernées.
Enfin, d’autres chantiers sont en cours ou dans les cartons en Provence-Alpes-Côte d’Azur, à savoir la modernisation des Chemins de Fer de Provence, un plan dont la conclusion est prévue en 2026. N’oublions pas la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur entre Marseille et Nice, qui doit être lancée progressivement à partir de 2025, avec pour horizon 2030.
Le RN pointe du doigt la gestion de la majorité
Maintenant, reste à savoir si ce programme sera suffisant pour calmer les ardeurs de l’opposition.
Toujours le 9 octobre, le Rassemblement national a, par le biais d’un communiqué, réclamé l’ouverture d’une mission d’information. Son objectif, « pointer les défauts de gestion, le manque de transparence et remettre à plat la politique régionale en matière de transport qui n’est manifestement pas au niveau des financements alloués. »
Le RN dénonce ainsi « des statistiques désastreuses, couplées à l’opacité de la gestion des transports par la majorité ».
Au-delà des retards, le député des Bouches-du-Rhône Franck Allisio s’emporte par ailleurs contre « les fraudes, la suroccupation, les trains supprimés et les fermetures des guichets.» À propos de la mission d’information, la demande sera débattue lors de l’assemblée plénière du 25 octobre prochain.



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