Municipales 2026 - Entre un foncier quasi inexistant, près de 50 % de résidences secondaires et plus de 2 000 locations touristiques, Menton fait face à une tenace crise du logement. Les candidats en lice avancent des solutions différentes pour tenter d’y répondre. Tour d’horizon…
Cette crise s’est imposée comme l’un des thèmes majeurs de la campagne municipale. Avec 30 000 logements recensés dans la commune et seulement 18 000 occupés comme résidences principales, l’équation est devenue difficile pour beaucoup de Mentonnais.
Notamment les jeunes actifs, les familles ou encore les travailleurs saisonniers, comme nous l’ont confié de nombreux professionnels du secteur.
« Habiter Menton doit redevenir possible »
Lors de son meeting organisé au Palais de l’Europe vendredi 6 mars, la candidate du Rassemblement national, Alexandra Masson, a fait du sujet l’un des axes centraux de son discours.
« Il faut que les Mentonnais puissent habiter leur ville. Et ça, ce n’est pas gagné » a-t-elle lancé devant ses militants. « Les jeunes partent, les familles cherchent et ne trouvent pas de logement. Les travailleurs vivent loin de leur emploi. Les grands-parents voient leurs petits-enfants s’éloigner. »

Pour la députée, la situation n’est pas une fatalité pour autant. « Nous avons environ trente mille logements à Menton, mais seulement dix-huit mille sont en résidence principale. Une ville doit d’abord loger ceux qui la font vivre et qui y travaillent. »
Sa principale proposition repose sur une réécriture du plan d’urbanisme, afin de favoriser la résidence principale. Elle souhaite également instaurer « une servitude de résidence principale sur certaines zones », mettre en place « une prime de 5 000 euros pour les propriétaires qui remettent leur bien en location longue durée », créer « un fonds de garantie local contre les impayés » et développer le bail réel solidaire, pour l’accession facilitée à la propriété.
Alexandra Masson veut aussi mettre sur pied un « office du pays mentonnais » afin de « reprendre la main sur la construction. »
Résidences secondaires et Airbnb dans le viseur
Dans la ville la plus à droite de France, la gauche défend un programme de rupture pour #Menton à trois semaines des municipales 2026
🟡 La parole à tous les candidats ! ➡️ https://t.co/XuYnbHD9XM pic.twitter.com/eOIu5Xyy8V— Menton-Presse (@MentonPresse) February 26, 2026
Pour Laurent Lanquar-Castiel (union de la gauche sans LFI), le problème est ailleurs. « On a bétonné tout ce qu’on pouvait. Dire que l’on va lancer des chantiers comme solution principale, c’est une aberration. Il n’y a plus de terrain » estime-t-il.
Selon lui, la priorité doit être de lutter contre la résidence secondaire.« Aujourd’hui, on est autour de 44 % et parfois, selon les formes cachées, cela peut monter encore plus haut. »
L’architecte propose notamment la création d’une agence foncière chargée d’acheter, rénover et remettre des logements sur le marché tout en conservant la maîtrise du foncier.

Même diagnostic chez Sandra Paire (divers droite). « Il n’y a quasiment plus de droits à bâtir. La priorité, c’est donc de réhabiliter l’existant ».
Pour l’ex-LR, la loi Le Meur, qui permet aux copropriétés de limiter le phénomène, pourrait constituer un levier important pour remettre des biens sur le marché.
Construire, réhabiliter ou réguler ?
Florent Champion (divers droite) estime lui aussi que la construction n’est plus la solution. « Menton est déjà très dense » rappelle-t-il. Sa stratégie repose plutôt sur la réhabilitation du bâti existant et une meilleure gestion du parc.
L’ancien adjoint délégué aux affaires sociales, aux HLM et aux solidarités propose notamment d’encadrer davantage le marché. « À Menton, près de 10 % du parc est concerné. Nous proposons une règle du “un pour un”. Au-delà d’un logement en loc saisonnière, obligation de replacer un bien à l’année pour un Mentonnais. »

Louis Sarkozy (LR-UDI-Horizons-Renaissance) adopte une approche différente.
Pour lui, la ville a besoin de nouvelles constructions, en évoquant les difficultés rencontrées par les policiers municipaux, les enseignants, les professionnels de santé ou encore les saisonniers.
Sa stratégie repose sur quatre axes. La régulation des Airbnb, la rénovation, la priorité aux actifs azuréens dans l’attribution des logements sociaux (malgré d’évidentes contraintes locales) et un plan d’urbanisme plus « protecteur. »
Qui sont les candidats à la mairie de Menton ?
- Alexandra Masson (Rassemblement national) ;
- Louis Sarkozy (Les Républicains, Horizons, Renaissance) ;
- Sandra Paire (DVD) ;
- Florent Champion (DVD) ;
- Laurent Lanquar-Castiel (Union de la gauche)
- Emilie Ria (Reconquête).



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