Municipales 2026 - Laurent Lanquar-Castiel, tête de liste du Printemps mentonnais, l’union de la gauche sans LFI, plaide pour un grand projet d’aménagement de Garavan, intégrant stationnement, équipements sportifs et liaisons végétalisées. L’architecte détaille aussi dans Menton-Presse sa méthode sur le logement. Lutter contre les résidences secondaires et encadrer Airbnb, notamment.
L’état du port Garavan est jugé très inquiétant. Entre d’éventuelles malversations et le procès à venir (3-6 mars), quel est votre regard sur la situation actuelle ?
Je pense que les deux sujets sont liés. Il y a une situation assez problématique au port. Sur le projet fantôme, on fantasme sur un hôtel de luxe depuis cinquante ans. Il avance par à-coups, on a parfois des communications indiquant que « les travaux reprennent », mais on voit bien que ça ne décolle pas. Surtout, il n’y a pas d’exploitant sérieux. Qui le voudrait, dans ces conditions ?

Vous liez donc le port, le 5-étoiles et l’entrée de ville. Comment sortir de cette impasse ?
Notre proposition, c’est d’élargir la focale. À Garavan, vous avez aussi un troisième espace inexploité, et un supermarché au milieu qui mériterait d’être repris. Nous voulons un grand aménagement concerté. Requalifier le secteur, intégrer la question du port, l’avenir du 5 étoiles, les travaux, et trouver un équilibre entre acteurs privés et publics.
On a besoin d’un parc-relais, d’équipements sportifs, potentiellement d’une piscine. Et on veut surtout créer une liaison végétalisée entre le parc du Pian et le littoral, en y intégrant ces équipements. Notre vision, c’est un projet global.
Sur le 5 étoiles précisément : faut-il rester sur un hôtel de luxe, ou la transformation partielle en logements est-elle une option crédible ?
Ça peut être une piste, parce que quand on regarde les plans - je suis architecte - on s’aperçoit que c’est moins pensé comme un hôtel que comme des studios ou des deux-pièces de 40 m². Donc oui, ça peut correspondre.
Ce ne sont pas des coups de baguette magique. Il y aura des travaux, des négociations, des manques à gagner. Il faudra aussi voir la capacité de la commune à récupérer la main sur ce dossier.
Vous faites justement du logement une priorité. Comment agir alors qu’il n’y a quasiment plus de foncier disponible ?
On a bétonné tout ce qu’on pouvait. Dire que l’on va construire du logement comme solution principale, c’est une aberration. Il n’y a plus de terrain. Le vrai problème, c’est la résidence secondaire. Il faut un plan pour la dissuader, et utiliser tous les outils, notamment contre Airbnb.
Aujourd’hui, on est autour de 44 % de résidences secondaires et parfois, selon les formes « cachées », cela peut monter encore plus haut. Il faut récupérer du diffus, construire la ville sur la ville, faire de la surélévation quand c’est pertinent.
Le premier sondage Elabe pour BFMTV place Alexandra Masson (RN) largement en tête avec 31 % des intentions de vote. Derrière, Sandra Paire (divers droite, 17 %) est à égalité avec la liste d’union de la gauche menée par Laurent Lanquar-Castiel (17 %), tandis que Louis Sarkozy (LR-Horizons-UDI-Renaissance) est crédité de 16 %. Au second tour, la députée lepéniste reste donnée gagnante dans toutes les configurations testées. Pour le leader de la gauche, cette photographie contredit cependant le scénario d’un simple duel droite/RN. Le candidat estime être « la seule force qui rassemble », des écologistes au centre-gauche, et considère que, s’il devait y avoir un front républicain, « ce n’est pas à la gauche de disparaître. » Son objectif, faire en sorte qu’Alexandra Masson « soit dans l’opposition, pas au pouvoir. » Ça s’engage mal.
Concrètement, vous proposez quoi ?
Une agence foncière. Elle acquiert, rénove, réhabilite, remet sur le marché, et surtout garde la maîtrise. On peut différencier le bâti et le terrain : les habitants sont propriétaires de leur logement, mais le foncier reste à la collectivité. Cela garantit qu’il s’agit de résidences principales et non secondaires.
Vous insistez également sur l’environnement. Qu’est-ce qui n’a pas été fait ?
La ville a été construite de manière très linéaire, pratique à entretenir, mais cela surchauffe. Il faut un vrai plan de végétalisation, notamment pour une population âgée qui subit les canicules.
Nous proposons une coulée verte sur tout le Careï, avec des transports propres, et une piétonnisation progressive du bord de mer. Manger en terrasse avec une voiture qui passe à côté, ce n’est pas vivable. La circulation doit se reporter ailleurs.
L’idée est de réduire le trafic de transit. Capter les voitures aux entrées de ville via des parcs-relais, puis proposer des transports efficaces. C’est ce qui s’est fait ailleurs.

Vous proposez un grand pôle culturel à Carnolès, avec un auditorium. Dans une ville qui dispose déjà du Palais de l’Europe et du musée Jean Cocteau, actuellement sinistré. Pourquoi créer un nouvel équipement ?
Parce qu’il manque une infrastructure adaptée. Menton a un festival international de musique reconnu, mais sans équipement à l’année. L’idée est d’accueillir un orchestre, y compris transnational.
Menton est « trois fois frontalière », c’est une chance. Concernant le musée Jean Cocteau, la situation est lamentable. On ne peut pas laisser un patrimoine sans solution. Si ce n’est pas possible de le rouvrir comme musée dans de bonnes conditions, il faudra envisager une reconversion ou déplacer temporairement les œuvres. Elles n’ont pas vocation à rester dans les réserves !
Qui sont les candidats à la mairie de Menton ?
- Alexandra Masson (Rassemblement national) ;
- Louis Sarkozy (Les Républicains, Horizons, Renaissance) ;
- Sandra Paire (DVD) ;
- Florent Champion (DVD) ;
- Laurent Lanquar-Castiel (Union de la gauche)
- Emilie Ria (Reconquête).










Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.