Les réservations de logements à court terme via Airbnb à New York seraient sur le point de disparaître en raison de nouvelles règles strictes. Et sur la Riviera, particulièrement concernée, quelle tendance observe-t-on ?
Selon la loi locale 18, seuls les résidents qui vivent régulièrement dans leur logement peuvent devenir hôtes et accueillir des touristes. De plus, chaque location ne peut accueillir que deux occupants maximum.
Ces nouvelles règles ont déjà eu un impact significatif, avec seulement neuf inscriptions de logements Airbnb pour des locations à court terme enregistrées en mai. Bien que les plateformes comme Airbnb puissent encore rester actives, il est possible de parler d’une « interdiction de facto»…
Malgré une action en justice, le géant américain n’a pas réussi à faire valoir ses arguments et n’a pas encore décidé s’il ferait appel.
Theo Yedinsky, directeur de sa politique mondiale, a déclaré dans une interview que ces nouvelles mesures nuisent à l’économie touristique de la ville et aux New-Yorkais qui dépendent du partage de logements pour subvenir à leurs besoins.
De nombreux pays, dont l’Autriche, l’Italie et l’Allemagne, prennent également des mesures similaires. Cette tendance montre une opposition croissante à « l’ubérisation » du logement temporaire.
Plus de sévérité sur la Côte d’Azur

Le site rapporte beaucoup d’argent chez nous, notamment aux finances niçoises. Sur l’année 2022, Airbnb a versé aux communes françaises 148 millions d’euros de taxe de séjour. A Nice, la plateforme s’est acquittée d’un montant deux fois supérieur à celui de 2021, soit 2,4 millions d’€.
Les relations entre la Ville et la multinationale ne sont pourtant pas au beau fixe ! Le 22 juin dernier, nous vous rapportions que, fait rare, Airbnb s’en était pris publiquement à la politique de Christian Estrosi, pointant notamment ses actions pour le logement et les HLM. En clair, il serait trop facile de lui imputer la responsabilité des (très vastes) problématiques locales.
Dans nos colonnes, le gouvernement municipal n’avait, par ailleurs, pas exclu d’interdire les nouvelles annonces dans les quartiers déjà saturés.
Anthony Borré, le premier adjoint, développait : « nous avons durci la réglementation en la matière. Elle est plus sévère qu’ailleurs. Ici, les co-propriétés doivent décider si oui ou non un appartement résidentiel peut devenir un Airbnb. La plupart du temps, c’est non ».
« Par exemple, l’an passé, on compte 750 refus de ce que l’on appelle les changements d’usage. 56 % des demandes sont recalées ».
1 commerce sur 8 a été transformé en meublé touristique dans le centre de Paris, entre 2020 et 2022, à cause du manque de régulation. Un risque que l’on court chez nous ?
« A Paris il suffit d’une déclaration. Chez nous, les propriétaires doivent déposer des demandes, qui font l’objet d’une instruction par nos services, avec des refus très conséquents » avance Anthony Borré. « La dérive parisienne n’existe pas ici ».
Cette année, le magazine Capital faisait le point sur l’évolution du prix de l’immobilier dans 50 villes dites « phagocytées » par Airbnb. Plusieurs, évidemment, sont maralpines, au premier rang desquelles Cannes et Antibes.






