Dans la capitale maralpine, les avis sont unanimes. Du camp de Christian Estrosi à celui d’Éric Ciotti, en passant par les syndicats, tout le monde est d’accord pour dire que la ville manque de policiers. Et les dernières annonces sur le sujet n’améliorent rien. Sollicitée par Nice-Presse le 15 octobre, la préfecture n’avait toujours pas donné suite le 20.
Sur le terrain, les principaux concernés le constatent au quotidien. En avril 2025, dans nos colonnes, Laurent Martin de Frémont dénonçait une situation « dramatique » à propos des effectifs.
« En trois ans, nous avons perdu plus de 60 enquêteurs, 80 en tout dans les Alpes-Maritimes. On demande des opérations « Place nette », mais sans enquêteurs derrière, on fait du bricolage ! Et pour éradiquer durablement le trafic de stupéfiants, il faut du temps, des moyens, et une vraie stratégie d’investigation », énumérait le secrétaire départemental du syndicat Un1té Police 06.
Son confrère d’Alliance Police Nationale 06 ne disait pas autre chose. « Menton est en première ligne : une ville frontière, un commissariat désert ! Ils étaient 143, ils sont aujourd’hui 74 dont 20 administratifs. C’est intenable. À Cagnes-sur-Mer aussi, c’est une catastrophe. […] À Nice, la charge colossale. Dans le département, il manque 80 enquêteurs » estimait Julien Hausknecht en septembre dernier à notre micro.
Ainsi, les représentants des forces de l’ordre réclament « entre 150 et 200 recrues dans tout le département. » Sauf que le ministère de l’Intérieur a récemment affecté deux éléments tout juste diplômés pour la Baie des Anges. Honteux, insuffisant pour beaucoup, dans un contexte pesant après la fusillade meurtrière dans le quartier des Moulins, survenue le 3 octobre dernier.
Ciotti souhaite que soit revu le système de répartition
Éric Ciotti a publiquement protesté, comme en atteste un « courrier officiel » adressé au ministre, Laurent Nuñez, pour lui « demander de réévaluer d’urgence ces renforts. » Le candidat aux municipales 2026 regrette surtout une répartition « très déséquilibrée au regard d’autres grandes villes comme Marseille, qui obtient par exemple 49 recrues ».
Le chef de l’UDR souhaite une refonte du système d’attribution. « Je demande que la répartition nationale des effectifs de police fasse rapidement l’objet d’une réévaluation équitable, et que Nice bénéficie enfin du niveau de sécurité que mérite une ville de sa dimension, insistait-il. La sécurité des Niçois ne peut plus attendre. »
Grosse baisse des effectifs entre 2012 et 2022
Mais si Éric Ciotti n’a pas pu s’empêcher d’adresser un tacle à son plus fervent rival dans ce communiqué (« Il échoue depuis des années à obtenir les renforts nécessaires »), il se trouve finalement sur la même ligne que Christian Estrosi sur ce sujet. Le maire affirme que « 179 agents, au bas mot, manquent à l’appel et j’en suis très, très mécontent », clamait-il en juillet 2025. Sollicitée par nos soins, la Préfecture n’a pas répondu.
En 10 ans, de 2012 à 2022, la commune a perdu 15,2% des effectifs, alors que la violence, elle, n’a vraiment pas faibli. Les locataires de Beauvau des dernières années ont promis de « nouvelles troupes », sans qu’aucune amélioration ne soit constatée. Pendant ce temps, les forces de l’ordre se disent « à bout de souffle et au bord de la rupture ».






