Dans un contexte de flambée de la violence liée au trafic de drogue, les forces de l’ordre réclament de vrais moyens d’enquête dans les Alpes-Maritimes. « À Nice, il y a urgence » dénonce même le syndicat Un1té.
Les Niçois des quartiers Est ont passé plusieurs soirées de terreur ces jours derniers. Le 20 janvier notamment, quand des hommes cagoulés et équipés d’armes de guerre ont déclenché la mobilisation du RAID du côté du quartier Fenoglio de Briga. Quand ce n’est pas ce secteur-ci qui s’embrase, c’est celui de l’Ariane ou, bien plus souvent encore, celui des Moulins. Les points de deal se multiplient, dans le quartier de la gare jusque dans la « carte postale » niçoise, tel que s’en alarme un rapport interne des forces de l’ordre que Nice-Presse vous dévoilait le 5 novembre dernier.
Sauf que pour faire tomber les filières (et gérer les centaines d’autres procédures sans rapport avec les stups !), il faut des enquêteurs en nombre… Ce dont les Alpes-Maritimes ne peuvent se targuer. C’est en tous les cas ce que dénonce le syndicat policier Un1té dans une communication datée du 22 janvier, qui nous a été transmise.
De moins en moins de moyens pour l’investigation ?
« On attend quoi pour recruter ?» s’interrogent, remontés, les représentants des personnels. « À Nice, il y a urgence ! 40 effectifs en moins depuis juillet 2024 ».
« Alors que le narcotrafic va crescendo - les évènements récents à Nice-Est l’illustrent - le nombre d’enquêteurs OPJ - officiers de police judiciaire - et d’agents du Service local de police judiciaire ne cesse de baisser ».
Selon Un1té, les fonctionnaires se retrouvent donc « à bout de souffle et au point de rupture ». Avant de conclure : « À Nice comme sur l’ensemble du département, en très haut lieu, il va falloir intégrer l’idée que sans enquêteurs… rien ne sera possible !»
« Une vision has-been »

En octobre 2023 nous vous rapportions que tous services confondus, selon le ministère lui-même, Nice avait perdu 179 policiers en dix ans, soit une réduction des troupes de 15% !
« J’entends certains syndicats ou certains hommes politiques mettre en cause le niveau des effectifs. C’est en réalité une vision des choses assez has been » égratignait, étonnement, le préfet Hugues Moutouh cet été au cours d’un échange avec quelques journalistes. « J’ai tous les agents dont nous avons besoin. Et nous ne sommes pas débordés ».
Régulièrement, les élus maralpins se désespèrent des annonces du gouvernement. « Les renforts sont toujours les bienvenus, encore faut-il qu’ils soient réels » taclait Eric Ciotti, le député du centre-ville, fin 2023, alors que Gérald Darmanin, en poste à Beauvau, en promettait une nouvelle fois. « Depuis 2017, on nous fait toujours fait les mêmes annonces, sans pour autant que la violence baisse ici. Pire, elle ne cesse de croître ».
Même son de cloche - pour une fois - du côté du maire, Christian Estrosi. Dans nos colonnes en mars dernier, il appuyait également : « le compte n’est pas bon. Les effectifs de la police nationale sont insuffisants. L’Etat est ponctuellement présent autour des grands évènements. Mais heureusement que Nice compense, le reste du temps, en investissant par exemple dans la vidéoprotection et la police municipale. Si nous ne l’avions pas fait, nous serions dans une situation de grand danger ».



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