Particulièrement concernées par la crise du logement, les grandes villes de Paca réduisent les marges de manoeuvres des locations touristiques, Airbnb et consorts. Ailleurs en Europe, la bataille est plus dure encore.
Attaque, contre-attaque. Depuis plusieurs années maintenant, ce petit manège entre les municipalités de Provence-Alpes-Côte d’Azur et Airbnb occupe fréquemment l’actualité. Nice fait partie des principaux « frondeurs », un combat mené par le maire, Christian Estrosi. Lequel promet carrément de « réduire de moitié » ce marché là en 2025, avec l’arrivée de quotas par quartiers.
La capitale maralpine a été rejointe par Cannes, avec notamment la volonté de mettre un terme à la prolifération des boîtes à clés. Dans la Baie des Anges, un arrêté est en vigueur depuis le 13 octobre 2023 à ce sujet. Et les chiffres sont tombés quant à l’efficacité de ce dispositif.
D’après France 3, les agents de la cité niçoise ont fait retirer 341 boitiers, sur 881 signalements en un peu plus d’un an. On ajoutera que 361 d’entre eux se trouvaient dans des zones privées, hors de contrôle donc pour la mairie. À Cannes, le système a provoqué la disparition de 36 coffrets. Il faut ajouter que les habitants peuvent les signaler via une application, ce qui a conduit à 218 alertes.
Marseille durcit le ton…
Mais au-delà de la Côte d’Azur, le Sud-Est et sa principale localité, Marseille, sont pareillement impactés. La commune des Bouches-du-Rhône a renforcé une fois de plus les restrictions sur les meublés touristiques. Depuis le 17 février, la durée maximale de location d’une résidence principale est de 90 jours, contre 120 auparavant.
Une mesure qui va dans le sens de la loi adoptée le 19 novembre 2024. En cas de dépassement, les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre 15.000 euros. Un outil supplémentaire offert aux villes pour contrer la prolifération des annonces.
… Airbnb réplique
L’entreprise n’a d’ailleurs pas tardé à réagir, via un texte partagé à Nice-Presse le mardi 18 février. Dans celui-ci, elle indique regretter « la dimension purement politique de cette mesure de diversion ».
Agacée, elle affirme que « limiter la fréquence à laquelle les Marseillais peuvent louer leur résidence principale ne résoudra pas la tension du logement. Avec cette décision, la mairie pénalise des familles qui comptent sur ces revenus pour améliorer leur pouvoir d’achat, et les commerces locaux pour qui le tourisme est essentiel », estimait Clément Eulry, le directeur-général pour la France et la Belgique.
Partout en Europe, des mesures sont prises
Nice, Cannes, Marseille, mais la France n’est pas la seule à mener cette politique « anti-Airbnb ». D’autres destinations touristiques en Europe veulent mettre le holà.
À Amsterdam, aux Pays-Bas, la régulation sur la durée de mise en location est encore plus stricte. Ici, ce n’est pas plus de 30 jours et le nombre d’invités ne doit pas excéder quatre personnes, sauf pour les familles. Il faut en plus un permis et un numéro d’enregistrement pour louer.
Barcelone veut aller plus loin en les interdisant purement et simplement d’ici à 2029. Comment ? En n’envoyant plus les licences autorisant les propriétaires à mettre leur bien sur ces sites.
Du côté de Londres, comme dans la cité phocéenne, il n’est pas possible de proposer son appartement ou sa maison plus de 90 jours par an, et ce, depuis 2017.
Il en va de même pour les résidences secondaires à Berlin, sous réserve de posséder un numéro d’enregistrement obtenu en mairie. Moins rigide qu’à Munich et à Stuttgart, puisqu’on y descend à respectivement 60 et 70 nuitées chaque année.



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