Le palais Belle époque du quartier de la Libération va (encore) changer de braquet. La municipalité compte y ouvrir, à bride abattue, un centre culturel, d’ici au premier semestre 2026. L’opposition rouspète, mais ne propose que d’y déménager des maraîchers qui n’ont rien demandé.
D’un bourbier à un autre, la Gare du Sud n’a pas su se trouver d’usage pérenne ces six dernières années. Après une restauration saluée, menée par la municipalité Estrosi, deux gestionnaires privés successifs (Urban Renaissance puis Iera) s’y sont cassés les dents avec un concept de « food court », ces halles gourmandes rapidement démodées qui n’ont convaincu personne à Nice.
Horaires d’ouverture iniques, cartes improbables et partiellement hors de prix, gestion folklorique… Une page se tourne en cette rentrée avec l’annonce du maire, Christian Estrosi, qui veut y déployer dix millions d’euros. La Ville reprendrait ainsi le bail, avant d’y aménager un vaste centre culturel largement inspiré des « Franciscaines », un splendide projet mené à Deauville.
« Votre frère rivalise en amateurisme »
« Voici encore un virage à 180 degrés, sans aucune remise en question » a torpillé, lors du conseil municipal du 30 septembre, Juliette Chesnel-Le Roux, la candidate écologiste à l’élection de 2026.
« Vous avez livré la Gare du Sud au secteur privé, qui n’a assuré aucun service aux Niçois. Du rosé à huit euros le verre jusqu’aux parts de socca à cinq euros, l’échec de Iera était prévisible. Peut-être auriez-vous dû accepter la commission d’enquête que nous réclamions en 2022, pour éviter de reproduire exactement les mêmes erreurs qu’avec le précédent gestionnaire ?»
Le centre culturel prévu n’emballe pas davantage Nice Ecologique : « vous dévoilez en catastrophe, juste avant les élections, un nouveau dossier préparé en vase clos, sans concertation ni aucune transparence. Combien va coûter la rupture du bail aux contribuables ? Vous ne nous le dites pas. »
« La Gare du Sud change d’usage tous les trois ans, en fonction de vos humeurs. En réalité, elle doit enfin inclure famille et associations. Il faut y installer les maraîchers, des producteurs locaux, et des locaux associatifs, ainsi qu’une version étendue de l’actuelle bibliothèque ».
Le concurrent Éric Ciotti n’est pas oublié : « la droite consanguine et votre frère rivalisent en amateurisme et en démagogie, avec son idée absurde d’y installer le Théâtre national, alors que chacun sait qu’y aménager une salle au niveau requis est impensable. Il prouve une nouvelle fois qu’il ne maîtrise rien du sujet. Un amateur en urbanisme, un touriste en matière de projet local…» À l’autre bout de la salle, Christian Estrosi boit du petit lait.
Dans les rangs du groupe ex-RN Retrouver Nice, on dit plus ou moins la même chose, proposant le même projet, agrémenté de termes peu amènes (« fiasco, dysfonctionnements en série…») pour un groupe d’opposition que l’on dirait anesthésié depuis de longs mois.
Estrosi « assume tout »
Après un long rembobinage que l’assemblée n’avait pas demandé, Christian Estrosi a assuré « assumer tout ce qui a été fait pour la Gare du Sud ». « Depuis les années 1990, c’est moi qui l’ai sauvée. En tant que député, en lui évitant la démolition, en tant que maire, avec la rénovation que nous avons décidée il y a quinze ans. Aujourd’hui, nous en reprenons la gestion pour éviter de nouvelles mauvaises surprises ».
Quoi qu’il arrive, la municipalité y mènera son projet de centre culturel. « Notre vision pour le quartier de la Libération est la bonne. C’est celle qui a permis de voir arriver un vaste multiplex, un festival de cinéma, etc. Sans ça, chacun des comités de riverains et de commerçants me l’ont dit, nous n’aurions eu qu’un cagadou ! Ce n’est pas le cas, et ça ne sera pas le cas ».
PLUSIEURS MILLIONS D’EUROS POUR LES DOCKS DE LA RIVIERA ?
Miracle du coup de pression, les propriétaires de la Halle Raiberti se sont réveillés cette semaine en proposant, la veille du conseil municipal, de dévoiler un projet de redynamisation estimé à « plusieurs millions d’euros » (dont on ne sait rien). Il faut dire que l’idée s’impose, puisque la commune les a menacés, la semaine passée, d’expropriation. Les intéressés seront reçus sous six semaines par le maire. Christian Estrosi, connaissant bien l’histoire de la marmotte et du papier d’alu, a demandé à ses services de ne pas stopper la procédure évoquée. « Cela fait des années que l’on nous promet beaucoup pour ne rien obtenir au final » a-t-il taclé, mercredi.



Estrosi « sauveur » de la gare du sud ? Plutôt gonflée cette déclaration. Manque pas d’air le motocrate. Qu’il nous parle de la dette de la ville et du mal être d’une majorité de niçois qui ne reconnaissent plus certains quartiers qui ont perdu leurs âme. Plus il monte sur son piédestal … Plus dure sera sa chute printanière. 🇲🇫
A propos de la gare du sud, puisque le retour des trains des CP n’ est pas possible, l’installation du marché de la « libé » a l’intérieur, serait un soulagement pour les traminots, en effet malgré la vitesse très réduites des tram tout le long du marché, cet endroit reste très dangereux pour les piétons .
Les commerçants, producteurs, et clients seraient a l’abri du froid,et des intempéries, et les riverains ne seraient plus importunés par le bruit trop tôt le matin.