Soutien à l’extension de l’aéroport, pistes cyclables, coulée verte et grands travaux… Des thèmes clés qui illustrent les divergences de vision entre la Métropole de Nice et la gauche écologiste. Le point sur les arguments, au coeur de la campagne électorale.
Deux visions diamétralement opposées, ou presque. En cette fin d’année 2025 et à quelques mois des élections municipales, c’est un peu l’heure du bilan et des grandes annonces pour les politiques locaux. Enjeu majeur, bien que pas toujours prioritaire lors des scrutins, l’écologie devrait encore animer lrs débats à Nice d’ici au mois de mars 2026.
Dans nos colonnes, deux acteurs importants ont développé leurs idées et leurs arguments ces derniers jours. Ils ont ainsi exposé leurs opinions sur des sujets clés, à commencer par la nouvelle Coulée verte, l’extension vers le nord de la Promenade du Paillon. Un chantier titanesque que défend Richard Chemla, vice-président de la Métropole chargé de l’environnement.
Agrandir la Promenade du Paillon, « greenwashing » ou véritable « espace de sérénité en plein centre »

Selon lui, elle permettra de « capter du CO₂ et de réduire les îlots de chaleur, c’est indéniable. C’est un nouvel espace de sérénité en plein centre, donc de santé mentale. Nos personnes fragiles y trouveront des zones fraîches, des paravents, de l’ombre. Et techniquement, ce n’est pas du « greenwashing », affirme-t-il. On a des réservoirs d’eaux pluviales pour l’arrosage, les essences choisies n’ont pas besoin de fosses profondes, on connaît nos contraintes de dalle au-dessus du fleuve Paillon. Les jardiniers et architectes ont tout dimensionné en conséquence. »
Un constat que ne partage pas Juliette Chesnel-Le Roux, tête de liste pour la gauche écologiste (Verts-PS-PCF) en 2026.
« Sur une dalle de béton, on ne plante pas une ‘forêt urbaine’. Ce sera un beau jardin, et tant mieux. Mais c’est aussi un projet qui concentre les moyens sur la carte postale, comme toujours, ajoute-t-elle. L’écologie, ce n’est pas un ruban vert, c’est une véritable politique à mener. »
Le « Plan Vélo » pas entièrement respecté

Moyen de locomotion utilisé de manière encore timide, malgré une avancée réelle, la bicyclette est au centre d’un « Plan Vélo » métropolitain qui ne sera pas tenu.
« Il prévoyait 160 kilomètres de pistes cyclables, nous n’avons même pas atteint la moitié, expose Juliette Chesnel-Le Roux. Et on défait parfois ce qui existait ou ce qui était prévu. Pire, au niveau de la place Jeanne-d’Arc, où une piste prévue n’a pas été réalisée, à cause de Gaël Nofri, qui estime que l’on peut faire du vélo sur la route. La loi d’orientation des mobilités impose d’intégrer le vélo à chaque chantier de voirie. Appliquons-la. »
Face à ces accusations, la Métropole défend son bilan, tout en reconnaissant qu’elle « est un peu au-dessous du calendrier initial ».
Par la voix de Richard Chemla, elle affirme que l’agglo a « gagné en qualité, avec des pistes sécurisées, des continuités réelles et une Maison du vélo. » Elle met aussi en avant des usages qui « montent : +12 à +20 % selon les axes, 4.000 à 4.500 cyclistes par jour sur la Prom’. On ne fait pas des pistes ‘pour ceux qui font déjà du vélo’, on les fait pour donner envie, en sécurisant. Et ça fonctionne, surtout le matin pour aller travailler. »
Le bouillant dossier de l’extension de l’aéroport

Quid de l’expansion de l’aéroport ? Un dossier là aussi très commenté et suscitant une opposition. « Il faut impérativement faire respecter le couvre-feu de 23 à 6 heures, et en finir avec les jets privés. Commençons par arrêter la course aux marchés lointains, puis relançons les trains de nuit », exhorte par exemple Juliette Chesnel-Le Roux. La collectivité, qui précise qu’il s’agit d’un équipement qu’elle ne gère pas, estime que « dans les airs, les flottes évoluent dans le bon sens. »
Par ailleurs, Richard Chemla rejoint l’élue niçoise à propos du ferroviaire, confiant que si l’on souhaite « diminuer les trajets en avion, la priorité, c’est d’améliorer vraiment le train, ce qu’on a parfois refusé par le passé. Il vaut mieux offrir une alternative ferroviaire crédible que ‘faire la guerre’ à l’aéroport. » Les lignes du littoral restent, pour l’heure, souvent saturées.
La Plaine du Var est-elle trop bétonnée ?

Dernier point à évoquer, les grands travaux, notamment dans la Plaine du Var. La représentante de la gauche écologiste y dénonce un excès d’urbanisation. « En un an, 30 % du quota serait déjà consommé. Le secteur est inondable, c’est aussi un réservoir agricole. Nous voulons stopper l’artificialisation des sols, installer des agriculteurs, et accélérer le ‘Plan alimentaire’ territorial pour réduire notre dépendance », clame-t-elle.
Devant ces accusations de « bétonisation », le vice-président chargé de l’environnement indique qu’il « a changé d’avis » après son entrée en fonction. Aujourd’hui, il insiste sur le fait que la Métropole a « récupéré des terrains qui n’étaient plus agricoles - souvent utilisés pour du dépôt et pollués - pour loger des actifs dans des bâtiments performants. En parallèle, on recrée une ceinture nourricière, avec des jeunes agriculteurs accompagnés. »
Appelant à davantage rénover - la patinoire, entre autres - les bâtiments de la ville, Juliette Chesnel-Le Roux regrette une « politique de la carte postale. » De son côté, Richard Chemla plaide pour une « transition apaisée », au contraire de « l’écologie punitive ». Un match qui sera arbitré par les électeurs, en mars prochain.



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