L’économie à hauteur de patrons : trois gérants d’entreprises installées à Nice racontaient au cours d’une table ronde ce vendredi pourquoi la ville s’est rapidement imposée à eux. Attractivité, sécurité… Ce que l’on retient de ces témoignages.
« Je parle davantage anglais ici qu’à Monaco !»
Nice-Presse vous l’avait dévoilé en juin dernier : l’ancien fleuriste du Palais Princier a quitté le Souverain après six ans passés sur le Rocher pour s’installer rue Segurane, entièrement requalifiée il y a peu.
Depuis cet été, Kevin Billard est le co-gérant de la Maison Fiori. Il a pu raconter la genèse de l’aventure ce 11 octobre, au cours d’une table ronde des commerçants organisée par la mairie aux Galeries Lafayette.
« J’ai dit à Albert II, et ça l’a fait sourire, qu’il était mon seul client. Il y avait un côté frustrant. Pour moi, Nice et ce quartier Garibaldi en particulier, étaient une évidence pour se lancer » a raconté cet artiste de l’éphémère. « A 29 ans, c’est ma première expérience commerciale. Je découvre un coin que les Niçois adorent, tout comme les touristes étrangers. Je parle davantage anglais ici qu’à Monaco !»
« La sécurité, un point déterminant »
Une arrivée remarquée dans l’hypercentre : le ruban de la nouvelle boutique Breitling était coupé le 21 juin rue de la Liberté, qui sort elle aussi d’une vaste opération de rénovation.
Sa directrice Anna Ghattas vit ici depuis trente ans : « je suis bien placée pour dire que j’ai vu cette ville se métamorphoser. Breitling, c’est un univers de luxe décomplexé. Nice est devenue ‘the place to be’, une destination shopping à part entière. Nous sommes d’ailleurs portés par la qualité des autres magasins, des hôtels mais aussi de l’ouverture prochaine du Park Avenue », une galerie qui accueillera Chanel et Gucci. « On a le chance de se rendre compte d’une chose : de plus en plus ici, ‘la saison’, c’est toute l’année ».
« Ce qui a pu être déterminant pour l’ouverture de ce magasin, c’est la sécurité. On peut se permettre de ne pas avoir de vigile à l’entrée. Nos clients se promènent dans la rue avec une montre d’un certain prix sans crainte. Dans ce domaine, Cannes s’est plutôt mal illustrée cet été, par exemple…»
Réussite à la niçoise
Antoine Bourassin a débuté à Cannes, avec un café. Mais pour ouvrir son audacieux commerce, consacré au « patrimoine domestique » (souvenirs, vêtements…), il a choisi le Vieux-Nice. C’était en 2017 : depuis, son équipe et lui ont poussé les murs, en optant pour un magasin encore plus grand, rue de la Préfecture, cette année.
« On veut faire découvrir le savoir-faire français aux voyageurs, montrer qu’il n’y a pas de raison d’être nostalgiques. Nous théâtralisons l’offre, avec une boutique de qualité, puisque notre pire ennemi, c’est Internet » a-t-il expliqué.
Avec un succès local à la clé, « puisque nous avons vu que les Niçois étaient tout aussi emballés que les touristes : en décembre, ils représentent 90% de la clientèle, puisqu’ils font leurs cadeaux chez nous. Le reste de l’année, c’est 50-50 ».
« On a fait le bon choix de ville : sa réputation a largement changé. Il y a quelques années encore, on y venait pour l’aéroport. Maintenant, on y reste. Comme nous ».






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