Chaque mercredi à 8 heures, RIFIFI, la rubrique des indiscrétions politiques de Nice-Presse. Vous avez une info ? Dites-le nous !
- « LE CHOC ET LA HONTE ». Les (décoiffantes) relations extérieures de Nice intéressent la presse nationale, après la remise de médailles aux autorités qataries ou encore la distinction de « citoyen d’honneur » décernée au - controversé - président du Costa Rica. Le 28/04, Le Parisien évoquait un jumelage qui « cristallise le mécontentement » et soulève « la polémique »: celui qui s’apprête à être conclu avec Samarcande, la cité-vitrine du régime ouzbek. De la droite à la gauche, un large plateau politique avait déjà dénoncé dans Nice-Presse « le choc et la honte » suscités par l’initiative. Dans le journal francilien, la mairie de Christian Estrosi assure que « depuis son élection en 2016, le président (Shavkat) Mirziyoyev a engagé l’Ouzbékistan dans un processus de démocratisation et d’ouverture au monde ». Oubliant là des manifestations de 2022 qui ont ému la communauté internationale, puisqu’elles ont causé (a minima) une vingtaine de morts et plus de 500 arrestations. Et le fait que malgré les pressions de l’ONU, l’homosexualité masculine reste un délit pénal qui peut vous envoyer tout droit vers la case prison. Deux petits détails !
- NO REGRETS. Il ne « regrette rien » et compte le dire sur 272 pages. Le 4 juin prochain, Éric Ciotti fera paraître son nouveau livre chez un éditeur détenu par Vincent Bolloré. Et on ne s’ennuira pas à la lecture de ce témoignage (Je ne regrette rien, éd. Fayard), est-il promis. Le député UDR du centre-ville compte y « rétablir certaines vérités », avec des portraits saignants de personnalités politiques bien connues, et une attaque en règle des « faux-culs de la politique, fort concernés eux-mêmes par des alliances contre-nature, qu’ils n’assument plus aujourd’hui ». Ça promet.
- TRI SÉLECTIF. L’adjoint niçois Pierre-Paul Léonelli est un expert du recyclage et de la gestion des encombrants. Et il compte manifestement mettre à profit ces compétences au coeur de la section Nice/Est 06 des Républicains ! Cette semaine, pour l’inauguration de la nouvelle permanence des LR, il a ainsi promis « d’accueillir, dans une grand rassemblement, toutes les sensibilités, mais certainement pas ceux qui ont aujourd’hui le cul entre deux chaises !» Dans le viseur, explique-t-il : les barons locaux qui ont bien refusé de s’allier avec l’extrême droite, mais qui s’en « accommodent bien », par exemple en siégeant avec Éric Ciotti dans un même groupe au Conseil départemental, et en dealant avec lui dans le cadre des futures élections municipales. Avant la rentrée, manifestement, il va falloir choisir un camp.
- FANTASMES. Voilà un policier qui sait manier le lance-flammes. Reçu par Nice-Presse Dimanche le 27/04, le patron du syndicat maralpin Un1té a remisé les éléments de langage au placard. Au cours de cet interview sans filtre, Laurent Martin de Frémont a garanti que le développement à Nice de « réseaux criminels tentaculaires » et de « presque-mafias » ne relève « pas du fantasme ». Ainsi, la capitale de la Côte d’Azur serait même devenue « un terrain de jeu pour des organisations très bien structurées ». Avec, en face, des forces en ordre dispersé : « à Nice, c’est dramatique. En trois ans, nous avons perdu plus de 60 enquêteurs, 80 en tout dans les Alpes-Maritimes. On demande des opérations « Place nette », mais sans enquêteurs derrière, on fait du bricolage ! » Voilà un sujet bien plus prioritaire que la statue de Jeanne d’Arc pour le nouveau préfet.
- L’UNION NIÇOISE JUSQU’À CHERBOURG. Toujours se méfier de l’eau qui dort. Timide de prime abord, Julien Picot, le représentant du Parti communiste, a pour autant signé un tacle bien senti à l’égard du collectif « Viva ! », depuis une conférence de presse organisée avec les socialistes et les écolos, lundi. « Je vois qu’ils ont fait circuler un appel, eux aussi, à une union de la gauche. On y retrouve, parmi les 100 paraphes, des militants de Nice, mais aussi d’Antibes, et jusqu’en Normandie… Mais on ne doute pas de leur motivation, évidemment ».
- OUI MAIS NON. Les Républicains sont-ils les alliés de la Macronie ? Oui aujourd’hui, mais non demain, a expliqué succinctement la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone lors de cette même inauguration de permanence, lundi. « Un enthousiasme s’est levé depuis que nous avons retrouvé le pouvoir, depuis que nous avons, à nouveau, des ministères » s’est-elle réjouit. Sans présenter de tableau tout rose pour autant : « la décision n’a pas été facile. Nous devions éviter la constitution d’une gouvernement d’extrême gauche. Nous avons rejoint Michel Barnier, qui s’est fait censurer par Marine Le Pen et Eric Ciotti… Dès lors, il faut faire avec François Bayrou…» Et on le sent, avec une grande joie : « le gouvernement est hétéroclite, sans poids lourds, avec des inconnus… Heureusement, il y a nos collègues LR qui sont les plus efficaces, les plus investis : Annie Genevard, Bruno Retailleau et Philippe Tabarot ». Ce mariage de la carpe et du lapin ne serait, de toute façon, pas prévu pour durer : « en 2027, avec la présidentielle, il faudra rétablir le clivage gauche-droite et cette fois en finir avec le en même temps ».
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