Du côté de la gauche niçoise, où les rancunes sont anciennes et tenaces, les premiers échanges sur une éventuelle union avant la prochaine élection municipale ont abouti à un pataquès étalé sur la place publique.
À Nice, la gauche lave parfois son linge sale par tweets et communiqués interposés. Avant de s’assoir autour d’une même table pour espérer présente une liste unie, encore faut-il savoir qui y est convié, ou non. Ce fut tout le problème des premiers échanges, programmés samedi 11 janvier. La France insoumise des Alpes-Maritimes a tout déballé dans un fil de tweets.
Municipales Nice 2026 - Position de LFi Nice suite à la réunion « unitaire »#nice06 #lfi06 #NFP @ViVA_Nice pic.twitter.com/VN9WH2qKU7
— France insoumise 06 (@LFI_06) January 11, 2025
Olivier Salerno et Anne-Laure Chaintron, investis par LFI lors des précédentes législatives, s’y sont bien rendus, accompagnés du représentant du Parti communiste. Le « hic », c’est que les socialistes, les communistes et les écologistes ont refusé l’accès à Viva, le collectif citoyen porté notamment par l’avocate Mireille Damiano et le défenseur du droit des réfugiés David Nakache.
Une décision qui peut surprendre, quand on sait que Viva a certes obtenu moins de suffrages que les Verts (11,3%) au premier tour des municipales 2020, mais bien davantage que les socialistes (8,9% devant leurs 6,5%)… Conséquence de quoi, la délégation mélenchoniste a choisi de filer.
« Nous espérons que tout le monde revienne à la raison et qu’enfin nous aurons une réunion de toute la gauche et de l’écologie niçoise sans exclusive, le plus rapidement possible (…) Pour reproduire les succès du NFP » appelle encore LFI 06.
Réaction des Verts-Communistes-Socialistes dans un autre communiqué : « nous lançons un projet pour les municipales. Les partis fondateurs du Nouveau Front Populaire (NFP) regrettent que LFI n’ait pas souhaité participer à ce stade aux travaux » notent-ils, sans rien expliquer aux électeurs de la situation. « LFI sera la bienvenue lors des prochaines séances ». « Notre priorité est de formaliser ensemble les grandes lignes d’un projet partagé, loin des querelles de personnes ».
Pas de tête de liste évidente
Querelles qui sont, en réalité, au centre du jeu. Au-delà même de savoir quelles formations doivent ou non participer aux débats, l’identité de la future tête de liste est dans tous les esprits, bien que chacun s’en défende !
Dans Nice-Presse, Patrick Allemand (PS), déjà candidat malheureux à trois municipales (2008, 2014 et 2020), s’est montré intéressé. Il espère porter la liste au centre, pour éviter qu’elle ne soit trop assimilée aux polémiques dans lesquelles la France insoumise est engluée au niveau national (accusations d’antisémitisme, de clientélisme électoral, de comportements anti-police…). Peu crédible, tant les électeurs des nouvelles générations appellent au renouvellement. Et assez peu au centrisme…
Côté écolos, Jean-Christophe Picard et Juliette Chesnel-Le Roux défendent la légitimité des élus sortants. Reste qu’ils n’ont que peu « imprimé », c’est-à-dire marqué l’opinion, au cours de l’actuel mandat. Chez les Insoumis, les candidats NFP aux dernières législatives, 2022 et 2024, ont mené des campagnes saluées, qui leur confèrent une certaine crédibilité (Olivier Salerno, Anne-Laure Chaintron et Enzo Giusti, surtout).
Le temps presse, puisque deux sondages récemment parus indiquent que ces personnalités seraient ni connues ni particulièrement populaires auprès des Niçois, à une grosse année du premier tour. Pourtant, l’affrontement entre le maire sortant, Christian Estrosi, et son rival Eric Ciotti pourrait dégager un trou de souris à une gauche plurielle.









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