Municipales 2026 - Il y aura bien une triangulaire à Nice. Face à Éric Ciotti et Christian Estrosi, la gauche ne s’est pas retirée, et n’a pas fusionné non plus. LFI regrette la méthode et « les mensonges » de l’autre liste. L’écologiste Juliette Chesnel-le Roux, critiquée par sa propre équipe, est aussi soutenue « pour son courage ». Ces partis apparaissent profondément fracturés devant l’imminence d’une victoire de l’union UDR-RN, dimanche.
Dimanche, en milieu de soirée, certains militants nous glissaient cela comme une évidence. Les deux formations, l’une en balottage, l’autre trop faible pour l’être, allaient se rassembler. Une alliance entre « camarades », ceux de l’union de la gauche (« Unis pour Nice », Verts-PS-PCF) et les Insoumis du « Nice Front populaire » (NiFP, avec diverses associations).
Malgré des scores décevants, 12 et 9 %. En fort recul pour la liste de centre-gauche : les Verts avaient obtenu 11,3 % en 2020. Le PS 6,5 %. Un bon tiers des voix a manqué, reporté dès le premier tour vers Christian Estrosi, au titre du « barrage contre le RN », selon les sondeurs.
À Nice, la gauche ne se retirera pas pour barrer la route à Éric Ciotti, « Christian Estrosi n’est pas un rempart face à l’extrême droite »#Nice06 #Municipales2026 @JulietteChesnel @JC_Picard @patrickallemand @JulienPICOT06
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) March 15, 2026
Son choix est fait ➡️ https://t.co/h91j26Krja pic.twitter.com/7o4hAafPQv
Pas de « front républicain », Juliette Chesnel-Le Roux avait déjà promis le maintien de sa candidature, écartant la proposition de fusion évoquée par le maire sortant Christian Estrosi (31 %). Un représentant d’une « vie politique niçoise affairiste, carriériste, qui n’est là que pour se servir ».
Juliette Chesnel-Le Roux critiquée par les siens
Des échanges ont bien eu lieu lundi, entre progressistes. Sans succès : le rapprochement n’a pas pu se faire avec LFI et ses collectifs citoyens. Ce qui a fait grincer des dents le camp de l’avocate Mireille Damiano.
Quelques minutes après une conférence de presse donnée par Juliette Chesnel-Le Roux, le NiFP prenait la parole pour dénoncer « les méthodes de Unis pour Nice » renommée en « Unis pour leurs places ».
Selon les Insoumis, pourtant, il n’y avait pas « de blocage programmatique, ni aucune ligne rouge imposée sur les composantes d’une nouvelle liste ». Le collectif Viva ! et LFI disent avoir proposé une « ébauche équilibrée, en fonction des poids de nos électorats respectifs ». D’après Robert Injey, 8e colisiter, sur les dix premiers noms, quatre venaient de chez eux.
À lire aussi : Guerre Estrosi-Ciotti. Foin de « barrage républicain » à Nice, la gauche estime qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre
Vingt minutes plus tard, racontent-ils, on les informe que rien de tout ceci n’est accepté et que, malgré le temps qu’il reste avant le dépôt en préfecture, les négociations ne se poursuivront pas.

Un texte est envoyé aux rédactions. « Rédigé avant même de nous avoir parlé !» peste-t-on du côté du NiFP. Qui voit ses soupçons confirmés : alors que des débats étaient encore en cours entre les deux formations, la liste de Juliette Chesnel-Le Roux avait déjà été transmise aux services de l’État…
Comme pour très vite rendre irrévocable cette décision : en interne, plusieurs de ses colistiers et membres de l’équipe de campagne étaient opposés à balayer si vite un pacte avec les mélenchonistes, voire même, « à contre-coeur », avec Estrosi. L’inverse revenant à dérouler un tapis rouge à Éric Ciotti (UDR-RN), arrivé largement en tête du premier tour (43 %).
La communication de l’ancienne ingénieure n’a pas non plus fait l’unanimité en interne. Il y a deux jours, elle appelait l’édile sortant à « quitter immédiatement la vie politique et à se désister » en sa faveur, alors qu’elle réunit trois fois moins de suffrages que lui. « Une position courageuse, qui a fait parler et donné de la visibilité à une gauche de combat » disent les uns, en off. « Une fanfaronnade ridicule, pas à la hauteur des enjeux. C’est le RN qui se frotte les mains » torpillent d’autres.
« Pitoyable conception de la démocratie »

Ça ne passe pas pour le Nice Front Populaire. Où l’on pointe du doigt « l’insincérité de la démarche », ainsi qu’une « stratégie irresponsable et inconsciente ». Olivier Salerno, second du NiFP, a directement blâmé Juliette Chesnel-Le Roux pour n’avoir « jamais eu la moindre volonté de faire front commun face à l’extrême droite. Je le répète, l’antifascisme n’est pas compatible avec la lutte des places. »
Robert Injey, lui, accuse la candidate de « mentir en prétendant que, dans les discussions sur la fusion des listes, les représentants LFI voulaient la moitié des sièges et écarter le PS. »
Preuve de cette montée de fièvre, en trois jours, les communiqués et posts sur les réseaux sociaux se sont multipliés.
Le dernier fustigeait « le mépris » d’Unis pour Nice, et carrément sa « pitoyable conception de la démocratie ». « L’heure doit être au sursaut, pas aux calculs » pense le NFP niçois.
Qui ne donne d’ailleurs pas de consigne de vote pour dimanche !
« Nous invitons les électrices et les électeurs à se mobiliser massivement pour le second tour en utilisant, en leur âme et conscience, le vote qui leur apparaît le plus utile et le plus efficace pour faire barrage à l’extrême droite ». En clair, entre Estrosi et les écolos, les Insoumis ne prennent pas position.
Via une déclaration transmise aux médias hier, le Parti radical (PRG), « dans la tradition républicaine » appelle à faire le choix du maire sortant, « capable de tenir en échec le RN ». Réponse moqueuse de Saber Gasmi, colistier de Unis pour Nice : « Le Parti Radical à Nice, c’est une cabine téléphonique : on décroche… et c’est toujours Estrosi au bout du fil !» Avant même le résultat du 22 mars, la guerre des gauches niçoises est relancée.
Gwendal Chabas avec Clément Avarguès



Vrai ! La cabine téléphonique de Cyrille Besset est depuis longtemps reliée au central de Monsieur ESTROSI. Je ne suis pas certain que la tradition Républicaine implique de se renier pour tout simplement continuer à « exister ». Quelle opposition restera t-il à Nice sans la liste Chesnel-Leroux ? Quand on pense que le vénérable partie Radical de Gauche a prêté allégeance à l’édile en place. Qui l’aurait cru…
« Unis pour leurs places » ? Mais de quelle liste et dans n’importe quelle ville ne pourrait-on en dire autant ? Ne faisons pas d’angélisme : être candidat c’est toujours briguer un poste, et cela n’est pas en soi déshonorant. En l’occurrence, c’était sans doute une façon d’éluder (trop facilement) les vraies questions.