Alors que les ouver­tures de quatre et cinq étoiles se bousculent à Nice, que la ville s'embellit et que certains musées sont rénovés à grand frais, la munici­palité assume de vouloir mettre fin "au tourisme du passé", plus populaire mais, dit-​elle, trop polluant.

"Un tourisme choisi, plutôt qu'un tourisme subi". C'est un slogan certes, mais c'est aussi la politique que la munici­palité défend avec, dit-​elle, déjà des résultats chiffrés.

Au cours d'une patrouille mercredi 3 juillet, Christian Estrosi en livrait quelques uns, en ce début de saison estivale. "Ces toutes dernières années, on a réussi à faire diminuer par dix l'activité de la Corsica Ferries à Nice" se réjouit l'édile, qui avait un temps envisager d'en taxer les clients pour les dissuader de transiter avec leur voiture. 

Les Niçois, dont beaucoup ont des liens affectifs et familiaux avec l'Ile-de-Beauté, ne goûtent pas tous cette politique. "Mais une solution demeure : l'électrification. Si les armateurs l'adoptent et que la pollution diminue, alors pourquoi ne pas envisager plus de départs, comme autrefois ?" espère Hervé Martinez, le président de l'association "Port Avenir". À terme, les navires qui ne seraient pas en capacité de se brancher aux quais, et qui seraient donc insuf­fi­samment propres, s'en verraient interdits d'accès.

"On leur serre les boulons, mais les croisières, on aimerait s'en débar­rasser" poursuit le maire. Source de nuisance, l'activité n'apporte pas grand chose à l'économie locale. Mais elle se maintient bien dans les autres ports de la métropole niçoise, à Villefranche notamment, au grand dam des élus écolo­gistes, qui appellent à leur inter­diction.

Autre élément d'un tourisme un peu vieillot, les bus des tours opéra­teurs. Pas dit que nous en croiserons encore en ville d'ici peu… "On va de plus en plus obliger ces sociétés à utiliser nos parkings de dissuasion et à faire emprunter aux clients les trans­ports en commun" développe Christian Estrosi. "Evidemment ça ne leur plaît pas, et elles vont s'orienter vers d'autres grosses villes. Tant mieux !"

Autre point noir lié aux voyageurs, les locations touris­tiques, ciblées par exemple ces jours-​ci à Barcelone par des manifes­ta­tions de locaux. "Nous, on a réussi à perdre 70% des Airbnb en quatre ans" indique l'édile, qui promettait pour le prochain conseil municipal de nouvelles dispo­si­tions contre la plate­forme améri­caine. Pour ce qui est de ce sujet, le bilan est contrasté.

Certes, la Ville a développé une palette de mesures d'encadrement contre le dévelop­pement de ce marché. Mais au vu d'une taxe de séjour perçue en hausse de 71% sur un an, on ne peut pas dire qu'il soit en déclin, loin s'en faut ! Avec tout l'impact drama­tique qu'il a sur la vie locale, en parti­culier dans le centre ancien. D'après les profes­sionnels, son impor­tance serait mal estimée, avec de nombreuses annonces cachées.

La capitale de la Côte d'Azur entend attirer des visiteurs plus fortunés, grâce au dévelop­pement d'une offre hôtelière premium, renforcée par l'arrivée de marques branchouilles - on pense au Mama Shelter de Riquier - ou d'établissements haut-​de-​gamme, avec le Hilton de l'ultra-moderne centre Iconic, ou l'Anantara Plaza, inauguré fin 2022. Sur le plan de la culture, la cité peut compter sur son classement à l'Unesco, mais aussi sur la moder­ni­sation de ses équipe­ments. Son musée d'art moderne, totalement repensé, rouvrira d'ici 2028.

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