Le maire de Nice dévoilait vendredi 24 septembre un vaste plan pour accélérer la transition écolo­gique dans notre ville, quelques jours après avoir développé celui sur l'économie maritime. Cet été, le rapport alarmant du GIEC sur le climat aurait fait figure de déclencheur.

"Nous avons un bilan écolo­gique plutôt flatteur depuis 2008, mais ce que nous avons mis en place n'est plus suffisant". Le constat de Christian Estrosi n'est pas de dire que la Ville de Nice n'aurait lancé que des "mesurettes" ces dernières années. Au contraire, agir pour le climat avec autant de force "repré­sente un risque politique, soulève parfois des inquiétudes". 

C'est en réalité la situation globale qui s'est consi­dé­ra­blement dégradée : "catas­trophe en Allemagne, incendies au Magreb, New York sous les eaux…" énumère l'élu. "Le rapport du GIEC ne laisse aucun doute sur la gravité des choses".

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Photo : Clément Avarguès /​ Nice-​Presse

"Nice prend sa part dans cette bataille pour le climat et l'Homme"

Christian Estrosi, maire de Nice

Après le plan pour l'économie et la biodi­versité maritimes, présenté dans un long entretien accordé à Nice-​Presse le 17 septembre, place à de nouvelles décisions pour la ville entière.

Des îlots de fraîcheur partout

Une mesure qui a déjà fait beaucoup réagir : "Nous prévoyons la plantation d’un arbre par habitant d’ici à 2026 pour compenser les émissions de carbone. Notre objectif est de 280.000 arbres" a assuré le maire, confirmant un engagement de campagne formulé pendant les munici­pales 2020. 

Et de sougligner : "Nous visons une captation de 7.000 tonnes de carbone par an, ce qui correspond à 100 millions de kilomètres parcourus en voiture !"

Pierre-​Paul Léonelli, l'adjoint chargé notamment des Parcs et jardins, l'avait annoncé à Nice-​Presse, la munici­palité va également offrir plus de 100.000 arbres aux Niçois pour leurs jardins. Une façon d'atteindre plus rapidement l'objectif fixé sur le mandat, tout en intégrant chaque administré à la démarche.

Partout, les espèces les plus efficaces dans l'absorption de la pollution seront privi­lé­giées, dans les parcs comme dans toutes les écoles qui poursuivent, elles aussi, leur verdissement.

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Nice : le grand lifting de la Place Ile-​de-​Beauté © DR
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Le Port Lympia, profitant de "l'éloignement des bagnoles" aura également le droit à bien plus de verdure, avec une terrasse arborée à la place du parking du Phare

D'autres projets "verts" sont en cours, puisque l'actuelle Promenade du Paillon sera prolongée de 8 hectares vers le Nord, alors qu'une "Coulée verte bis" sera bientôt aménagée à Nice-​Ouest, comme l'un des archi­tectes du projet le développait dans nos colonnes en avril dernier. 

Le Port Lympia, profitant de "l'éloignement des bagnoles" aura également le droit à bien plus de verdure, avec une terrasse arborée à la place du parking du Phare, mais aussi avec la place Ile-​de-​Beauté requalifiée.

Agir pour un "urbanisme durable"

Christian Estrosi "balaie les critiques de ceux qui assurent qu'il y aurait une béton­ni­sation de la Plaine du Var". Ce n'est pas ce que souhaite le maire, qui compte imposer un principe simple pour atteindre "zéro artifi­cia­li­sation nette des sols" : "à chaque fois que nous construirons, il faudra aussi détruire". Un Observatoire de l'Agence de sécurité métro­po­li­taine sera chargé d'y veiller.

Continuer de construire oui, mais pas n'importe quoi. Chaque nouveau projet devra répondre à de nombreuses exigences (bornes de charge pour les voitures électriques, locaux pour les vélos, système efficace pour le tri des déchets…) pour que les permis de construire soient acceptés.

Contre "l'écologie punitive"

Pour lutter contre le gaspillage, la Ville de Nice souhaite obtenir de l'État l'autorisation de réuti­liser les eaux usées traitées par nos stations d’épuration, pour le nettoyage des rues, l'arrosage ou encore l'alimentation de nos fontaines. D'ici 2025, comme l'adjoint Philippe Pradal le détaillait à Nice-​Presse en avril dernier, nous devrions avoir atteint "0% énergie fossile utilisée" dans les trans­ports publics. 

Contre "l'écologie punitive", Christian Estrosi souhaite "accom­pagner ceux qui en ont besoin" avec diverses primes : à la casse pour ceux qui veulent passer d'un véhicule de catégorie 5 à une voiture électrique, pour l'achat d'un vélo ou encore pour le rempla­cement d'une chaudière au fioul.

Au rayon de ce qui était déjà annoncé : le bannis­sement d'ici 2024 du plastique à usage unique partout dans la Métropole NCA ou encore les zones 30 km/​h instaurées dans le centre-​ville, avec la suppression annoncée des feux-rouges.

"Cette confé­rence était longue, j'en conviens, mais c'est le siècle à venir qui se joue"

Christian Estrosi, maire de nice

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Photo : Clément Avarguès /​ Nice-​Presse

"C'est un changement incroyable auquel nous assistons" a réagi le docteur Richard Chemla, adjoint au maire chargé du Climat. "Avec ces annonces, nous collons réellement au rapport du GIEC avec une déter­mi­nation inébran­lable. Dans cette phase d'accélération, il faudra que nous soyons nous-​mêmes exemplaires : les inaugu­ra­tions avec dix voitures de fonction, ça doit être terminé".

Lire aussi >> INTERVIEW. "Pour le climat, il ne reste plus que 5 ans pour agir à Nice": entretien vérité avec le Dr. Richard Chemla

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