Après une tournée de 7 mois dans plusieurs quartiers historiques de Nice, nous avons rencontré ce qu’ils comptent d’associations, élus, figures locales, comités, riverains engagés… Avant de vous proposer, en 2025, de nouveaux dossiers consacrés à d’autres secteurs qui vous sont chers, voici une synthèse de ce que l’on entend de la cité sur les marchés, et dans nos rues.
Chaque mois, l’un des journalistes de Nice-Presse se concentre sur l’un des quartiers de la ville, et y consacre plus d’une trentaine de reportages, dans cette rubrique gratuite.
Associations, riverains, comités, élus, commerçants… Chaque dossier spécial permet de multiplier les rencontres, et de proposer une photographie de la vie locale dans chacun de nos territoires. Quels sont les débats, les idées, les revendications, les fiertés qui animent les conversations des Niçois ?
Libération, Saint-Roch, le Port Lympia, le Vieux, la rue de France et Cimiez : ce sont les six premiers focus de Nice-Presse, avec au total 240 articles (Saint-Isidore et Jean-Médecin sont d’ores et déjà programmés).
Cimiez : circulation et promoteurs

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On ne veut plus d’échafaudages et de pelleteuses. C’est l’une des revendications portées par Clémentine de Charnacé Pastorel, la présidente du « Comité de quartier Grand Cimiez ». Elle dénonce dans nos colonnes une « trop grande bétonisation » du secteur, lequel manquerait « des infrastructures adéquates », notamment pour ce qui est des commerces, de la circulation et du stationnement.
Claude Lubrano, représentant d’un autre comité de riverains, salue un « quartier privilégié de la ville ». Lui aussi regrette l’importance du trafic automobile, trop lourd pour cette colline. Il « insiste sur un point, celui de la sécurité ». Comme bien du monde, il s’inquiète auprès de nous du projet immobilier Covivio, qui serait « surdimensionné ». Claude suggère de transformer la Villa Paradiso, joyaux inutilisé, en musée, peut-être consacré à l’oeuvre de Ben.
Nathalie Dupont, présidente du comité Carabacel-Cimiez, s’enthousiasme pour un coin « très verdoyant » et agréable à vivre, bien desservi, avec une impression de campagne. Elle s’inquiète toutefois « d’individus en errance, de squatteurs » et des tentatives de cambriolages.
Les riverains avec qui nous avons discuté dans la rue ne disent pas autre chose. La peur des gros travaux revient en permanence : ici, deux immeubles de quatre niveaux « risquent de défigurer la colline et gâcher la vue ». Là, « le nouvel ensemble va aggraver les problèmes de stationnement ». De son côté, le collectif « Cimiez à vélo » rappelle que la collectivité leur a promis un plan cyclable, qui se fait toujours attendre.
Dans une interview, l’élu de territoire Franck Martin a depuis répondu qu’il n’y a pas de sujet majeur ni sur la délinquance, ni sur la circulation et le stationnement. Et qu’il est « personnellement favorable » à l’interdiction de tout nouveau projet d’immeubles. De son côté, l’adjoint Gaël Nofri nous annonce deux pistes : l’ouverture d’un parkings-relais et le renforcement des transports Lignes d’Azur.
Rue de France : un axe à réveiller

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Un secteur bien propre, avec un tissu commercial qui évolue bien. C’est ce que souligne Albert Elkaim, président-fondateur du Comité France-Prom. Ce sont les incivilités agacent, avec des jets de mégots et de déchets sur la voie publique.
Le point noir, c’est le manque de places. Même son de cloche pour Michael Gross, président-fondateur de l’association des commerçants « Avenir Gambetta », qui œuvre pour une partie de la rue de France. Se garer serait une galère, malgré le parking du musée. La partie ouest aurait décliné, ne présentant pas de magasins assez qualis. Attirer une nouvelle clientèle apparaît comme une priorité, pour enfin réveiller l’axe.
Et les riverains à qui nous avons tendu le micro ? Ils notent la fracture entre la part de la rue proche de la zone piétonne, et le reste, en déclin. Certains pointent l’état des trottoirs, qui devaient être refaits mais qui ne l’ont pas été, et l’aspect ringard ou vieillissant du secteur, qui nuirait à son attractivité.
Vieille-ville : les premiers effets du surtourisme ?

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Sans surprise, les habitants avec qui nous avons discuté pointent le tourisme de masse. Odette, qui réside dans le centre-ancien depuis plus de quarante ans, résume les choses : « Toute la journée, le quotidien est rythmé par le bruit des va-et-vient des bagages. Mais d’ici novembre, il n’y aura plus rien. On redeviendra une ville fantôme. Jusqu’à l’année prochaine. »
« Avant, les anciens aidaient les jeunes à trouver du travail et les jeunes aidaient les anciens à faire leurs courses. Il y avait un esprit de solidarité, avec des gens très différents. C’était ça, vivre à la niçoise »
D’autres Niçois pointent la fin d’un esprit de famille et de proximité, les volets fermés de nombreux mois, la pénurie d’appartements - « dans un immeuble de quinze, seuls trois sont occupés à l’année » nous dit Bastien -, quelques commerces du quotidien à la peine.
Selon Xavier, « la ville s’est transformée en parc d’attractions à ciel ouvert ». Même s’il reconnaît que cette croissance « a permis d’écarter la vétusté des logements ».
Pour remédier à cela, plusieurs associations se sont montées, puisque c’est aussi aux citoyens de se prendre la main pour faire bouger leur territoire.
Le comité de quartier compte multiplier les rendez-vous de convivialité, comme par exemple des pique-niques, et « une nouvelle grande fête populaire ». Même chose du côté de « Nautre d’en vielha-vila », avec les clos de boule.
Le Port Lympia, l’attractivité retrouvée

- Lire le dossier spécial : Le Port Lympia, héritage et transitions
Bien moins de revendications du côté du Port Lympia, où les résidents apparaissent très satisfaits. Dans un contexte de vastes rénovations (la rue Segurane, mais pas que), les ouvertures de grandes enseignes et de boutiques de proximité se multiplient, quitte à faire du spot l’un des coins les plus bobos, ou tendance (c’est selon), de la ville.
Hervé Martinez, président depuis 2010 de « Port Avenir » se réjouit de l’arrivée d’un centre des congrès qui va dynamiser le coin et profiter aux restaurateurs. L’arrivée d’un poste de la police municipale est aussi saluée. Reste que la circulation d’Ouest en Est est parfois complexe, et que la diminution des liaisons avec l’Ile de beauté via la Corsica Ferries est un sujet de conversation majeur.
Côté Garibaldi, Matthieu Pivet, le président de l’association des commerçants, salue la réhabilitation de la place. Contre les incivilités, qui restent prégnantes, il souligne la forte présence de la police municipale, avec « un secteur plus calme la nuit à présent ». Mais elle reste insuffisamment fréquentée par les touristes, raison pour laquelle des festivités sont à l’étude. Notamment un spectacle de son et lumière.
Saint-Roch : comment protéger marché et animations locales ?

- Lire le dossier spécial : Saint-Roch, la reconquête de l’Est
Ici, c’est la probable extension du centre de rétention des étrangers qui agace. Une pétition citoyenne, soutenue par Éric Ciotti et le conseiller départemental du canton, Bernard Chaix (UDR), avait d’ailleurs été lancée et avait recueilli plus de 2500 signatures avant l’été. La mairie n’a pas clairement pris position, mais le comité de quartier représenté par Géraldine Colin a un avis tout net : c’est hors de question.
Parmi les autres remontées, elle regrette le fait que « plus grand chose ne s’organise » (même si la mairie y programme du cinéma en plein air, des banquets, etc, ndlr). « La vie associative et culturelle a du mal à perdurer ici » juge-t-elle, tout en regrettant que les riverains se plaignent beaucoup, sans trop dialoguer les uns avec les autres.
Le devenir du marché Saint-Roch, en déclin, suscite quelques interrogations. Dans ce reportage, nous étions venus à votre rencontre pour relayer les différentes solutions proposées.
Dans une longue interview, l’élu de territoire Jean-Marc Giaume a pu développer sa vision du quartier et plusieurs réponses concrètes.
Libération, nouveau look

- Lire le dossier spécial : Libération, l’identité préservée
Voici un quartier où on est positifs ! Il s’en est passé des choses, ces derniers mois, du côté de la Libé. La halle gourmande de la Gare du Sud a fait son retour l’an passé. Non loin de là, le centre Iconic ouvrait ses portes avant l’été, drainant son lot de curieux. Au printemps 2023, l’association des commerçants, profondément renouvelée, changeait de nom, et de bureau.
Satisfecit de leur président, Romain Filancia : « L’image du secteur a beaucoup changé. Les touristes, on les voit. Notamment grâce à de nouvelles activités, comme la reprise en main du Monsigny, avec une équipe très dynamique. Je veux souligner l’impact des médias locaux, celui de Nice-Presse surtout et évidemment, mais aussi celui des autres. On a donné envie aux gens. Sans dire que tout est parfait ici, puisqu’il y a des problèmes à y régler, comme partout. Mais le positif surpasse très largement le négatif !»
Aussi, les comités sont forces de propositions, plus que porteurs de critiques. Claude Queffurus, du comité Libération-Malausséna, suggère plus de végétation « dans les allées Charles-Pasqua et Philippe-Seguin, qui sont aujourd’hui beaucoup trop minérales ». Annie Thouret, d’un autre collectif, veut poursuivre ses initiatives pour animer le coin, avec un bal musette dans la Gare du Sud et la mise en place d’un marché nocturne. Synthèse de Pierre Lahitette, mémoire vivante des lieux, du haut de ses 86 ans : « Pour moi, c’est le meilleur quartier de Nice ».







Bonjour, je suis ravie pour tous les quartiers cités qui trouvent leur compte dans les changements effectués. Pour notre part, le quartier du stade Mearelli, sans parler de Simone Veil, est devenu une forêt de béton génératrice de courants d’air et d’insécurité la nuit venue. C’est affreux visuellement, oppressant et irrespirable du fait du manque d’espace ouvert et de verdure. Tout ça pour quoi ? Le profit et la mégalomanie de certains. Et qu’on ne nous parle pas d’immeubles végétalisés qui sont là pire des bêtises et qui ne sont que de la poudre aux yeux, ou des 3 « balayettes » plantées… Lire la suite »
Hate de la saison 2025 pour les autres quartiers moins connus de Nice mais avec un potentiel certain. Pasteur le mal-aimé pourtant centralisé et bien desservi, Parc-Imperial le pimpant stylé belle-époque mais sous-coté, Californie/Carras, à cheval entre l’atout Prom’ et les « verrues » voie rapide et aéroport, n’étant jamais sorti d’une physionomie de village et donc un potentiel incroyable si restructuré pour épouser le développement du grand Arenas et ses emplois qualitatifs.