Le match qui opposait l'OGC Nice à l'OM s'est terminé dans une ambiance de pagaille générale. Le lancer d'une bouteille d'eau par un supporter sur un joueur de Marseille a sonné le début du chaos. Les deux clubs sont convoqués par la Ligue de football profes­sionnel (LFP), tandis que le Parquet de Nice ouvre une enquête. Christian Estrosi dénonce "des compor­te­ments inqua­li­fiables". Un spectacle sidérant qui choque l'Europe, de l'Espagne à l'Italie en passant par l'Allemagne.

C'est une tournure que personne n'imaginait à l'ouverture du match OGC Nice - OM ce dimanche 22 août. Le lancer d'une bouteille d'eau sur la nuque de Dimitri Payet et la riposte de celui-​ci envers les supporters niçois ont conduit à une bagarre générale. 

Face à une telle situation, le jeu a été suspendu à la 75ème minute. Il aura fallu près de 45 minutes pour que les joueurs Niçois regagnent la pelouse, mais pas les Marseillais. Ces derniers sont retournés dans la cité phocéenne. 

La rixe a engendré plusieurs blessés du côté des joueurs, mais aussi des supporters. Alors que Pablo Longoria, le président de l'OM, réclame des sanctions, Jean-​Pierre Rivière dénonce l'attitude des joueurs invités.

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Convocation en commission de discipline

Les deux équipes présentes à l'Allianz Riviera ont été convo­quées par la Ligue de football profes­sionnel (LFP). Via un commu­niqué émis ce lundi 23 août, l'entité annonce que "suite aux graves incidents de la rencontre OGC Nice - Olympique de Marseillela commission de disci­pline de la LFP convoque les deux clubs pour la séance du mercredi 25 août 2021".

La tension reste toujours vive entre les Niçois et les Marseillais puisque chacun accuse l'autre camp. 

Plus tôt dans la journée, le parquet de Nice a ouvert une enquête. 

"Une ligne rouge a été franchie en matière de violences et à l'encontre des acteurs du jeu."

Roxana Maracineanu, ministre des sports, sur Franceinfo

L'affaire a fait réagir en haut lieu puisque Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, a déclaré : "Une ligne rouge a été franchie en matière de violences et à l'encontre des acteurs du jeu. Je me bats contre toute haine, incivilité dans les stades".

"Encore heureux qu'ils se soient défendus !" a toutefois assuré la ministre, défendant les Olympiens.

"Sur un match où on s’en prend aux joueurs et aux arbitres, c’est normal qu’on réagisse. On va laisser les joueurs se faire insulter, se faire jeter des bouteilles pleines d’eau ? Non, ce n’est pas possible."

Que risquent les Niçois ?

La LFP pourrait décider d'accorder la victoire à l'OM pour sanctionner les "débor­de­ments" des supporters niçois (le score "n'étant pas entériné" révèle RMC). Ces derniers pourraient être sanctionnés d'un huis-​clos "pour quelques semaines voire mois" après avoir déjà été privés de stade en raison de la crise sanitaire, prédit 90Min.com.

Les Olympiens sont également sur le grill

Les joueurs marseillais Payet et Alvaro sont loins d'être exempts de tout reproche, puisqu'ils ont renvoyé des projec­tiles vers la tribune tandis que l'adjoint de Jorge Sampaoli a été pris en flagrant délit, "décochant une droite à un supporter niçois".

Deux membres de la sécurité de l'OM sont soupçonnés d'avoir eu une alter­cation physique, comme l'a dénoncé le président Rivère.

Les mots forts de Steve Mandanda

Capitaine de l’OM lors du dépla­cement à Nice, Steve Mandanda a pris la parole dans une vidéo diffusée ce lundi matin sur le site du club marseillais. Le gardien de but a justifié le refus des joueurs de reprendre la rencontre.

"On est très clairement choqués par ce qu’il s’est passé. C’est pour nous quelque chose d’inadmissible que les supporters puissent rentrer comme cela sur le terrain" a-​t-​il indiqué.

"Pour nous les joueurs, notre sécurité n’était plus assurée. On s’est retrouvés en danger. Pas mal ont été visés ou touchés."

Steve Mandanda (OM)

"Quand on voit qu’il y a entre 500 et 1.000 supporters qui se permettent comme cela de rentrer sur le terrain afin de venir nous agresser, c’est quelque chose que l’on ne peut pas tolérer"

Quand le football atteint la politique

Localement, Christian Estrosi, présent en tribune durant le match, n'a pas manqué de réagir, souli­gnant que "si le compor­tement de certains supporters est inqua­li­fiable, celui du président de l’OM l’a été aussi en tribune et celui de l’entraîneur sur le terrain". 

Lire aussi : OGC Nice — OM : Estrosi vole au secours des Aiglons et dénonce des « compor­te­ments inqualifiables »

Son homologue Marseillais, Benoît Payan, s'est lui aussi exprimé sur Twitter, en lançant être "fier de [son] équipe" et pointant du doigt "une sécurité défaillante". Le débat sur le manque de sûreté de l'Allianz est également ouvert par Nice-​Matin.

Alexandre Chavance avec Clément Avarguès

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