Lundi, Christian Estrosi a annoncé que Métropole et Ville, confrontées au mur de la dette, pourraient devoir augmenter les impôts locaux sans aide du gouver­nement. Notre rédacteur-​en-​chef Clément Avarguès estime que certains condamnent vite un modèle de dévelop­pement niçois que bien du monde nous envie.

Le "tir à l'Estrosi", nouveau sport local ? Depuis l'interview de ce matin, sans aucune surprise, toutes les opposi­tions - qui ont eu bien du mal à s'imposer depuis deux ans - sont de sortie pour canarder l'exécutif municipal. C'est de bonne guerre, mais cela n'empêche pas de rappeler certaines choses.

On rapproche depuis plusieurs mois les dettes de Nice Côte d'Azur et de Paris. Pour plein de raisons techniques, les spécia­listes vous expli­queront qu'il s'agit là de comparer des poires et des pommes. Mais au-​delà de ça, qui peut dire qu'une bonne part des immenses dépenses consenties n'est pas justifiée ?

Cela fait seulement une quinzaine d'années que notre ville dispose d'un réseau de tramway. Avant cela, tout le monde sait que nos trans­ports en commun étaient épouvantables. 

On dit que les effectifs de la police municipale et les caméras ont coûté trop cher. Le gros budget de la Ville consacré à la sécurité tente surtout de compenser le désen­ga­gement de l'Etat en la matière depuis trop longtemps. Sans cela, serions-​nous aujourd'hui l'une des grandes villes de France les moins concernées par la grande violence, comme l'attestent les chiffres du ministère ?

C'est d'ailleurs un peu le même topo si l'on veut bien se rappeler de la crise sanitaire. Si nous avions attendu le gouver­nement pour obtenir des masques et une organi­sation correcte dans la campagne vaccinale, nous aurions perdu du monde. Les terri­toires, et notamment le nôtre, ont été au rendez-​vous. Eux.

Le débat est donc là. Le retrait de l'Etat de certaines de ses missions essen­tielles ne s'est pas accom­pagné de dotations aux collec­ti­vités terri­to­riales appro­priées. À lui aujourd'hui de prendre certaines responsabilités.

Surtout au regard du contexte actuel. Nice a payé un lourd tribut après la tempête Alex, bien avant la crise de l'énergie et de l'inflation. Rappelons d'ailleurs que Lyon a acté une hausse de sa fiscalité. Alors que là-​bas, ou encore à Bordeaux, on rêverait d'une gestion à la niçoise, sur les plans de l'attractivité, de la sécurité et de la propreté. Il suffit d'y passer un week-​end pour le savoir !

Du côté de la mairie, il va aussi falloir entamer un "acte II" du mandat. Certains projets d'une urgence contes­table ont bénéficié d'un calen­drier manifes­tement calqué sur les prochaines échéances électo­rales. Il faudra revoir ses priorités.

La proximité a aussi eu du plomb dans l'aile ces dernières années. Mal vendus, avec des concer­ta­tions mal fagotées, des grands projets dont on nous parle matin, midi et soir sont pourtant aujourd'hui assez peu souhaités par les Niçois, comme nous le révélons ce 16 janvier avec ce sondage. Alors que nombre de ces dossiers sont capitaux pour notre avenir.

Peut-​être aussi parce que dans cette seconde partie, le conseil municipal devrait se réveiller. Seuls 20% des Niçois estiment que l'extension de la Coulée verte est un chantier priori­taire. Il faut dire que le maire-​adjoint chargé de l'environnement n'a jamais incarné ses missions. Ce qui ne saurait expliquer pour autant que les thèmes liés à la transition écolo­gique sont les moins populaires auprès des habitants. Vraiment, la pédagogie a manqué.

Qu'en pense le reste du conseil ? On ne le sait pas tellement, puisqu'en cette journée noire pour l'exécutif local, côté majorité, on a vu à peu près personne sortir du bois pour défendre le bilan. Oui enfin, les trois ans à venir devraient voir s'engager de grands change­ments. On le souhaite, en tout cas.

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