Philippe Vardon est conseiller régional de PACA et candidat du Rassemblement national et de la Droite populaire aux munici­pales à Nice. Il a grandi aux Moulins, un quartier sensible de Nice.

1 NICE-​PRESSE. L’État et la Ville ont déployé des renforts policiers (voir notre article) dans la cité des Liserons et promis diffé­rents aména­ge­ments pour éviter de nouvelles violences urbaines. Comment accueillez-​vous ces annonces ?

P.V. : Ce sont des moyens adaptés, mais ils ne doivent pas être tempo­raires. Sur place, j'ai discuté avec les CRS : ils viennent de Perpignan, et ils repartent dans une semaine. Depuis plusieurs mois, je demande à ce qu'il y ait de vrais renforts policiers sur place en perma­nence. Ils sont envoyés très tardi­vement. Si on m'avait écouté en octobre, il n'y aurait pas eu les deux fusillades de la semaine dernière.

"Il y a des armes de guerre qui traînent"

2 N-​P. Quels moyens seraient les plus efficaces pour pacifier ce quartier ?
P.V. : La priorité, c'est le filtrage. Il faut assécher l'économie crimi­nelle : avec des barrages efficaces, plus de stocks pour les trafi­quants et plus de consom­ma­teurs. Il faut une plus large colla­bo­ration entre les polices nationale et municipale.

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On a vu dans diffé­rentes enquêtes parues dans les médias ces jours derniers que des filières de Seine-​Saint-​Denis seraient en rapport avec la situation actuelle aux Liserons : c'est encore pire que ce que je pensais. Nice est devenue une plaque tournante de la drogue au niveau national.

Il faut désarmer le quartier : il y a des armes de guerre qui traînent. Les caves, les parties communes doivent être fouillées. Les habitants sont même prêts à laisser inspecter leurs appartements.

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L'autre urgence, c'est d'expulser les trafi­quants des logements sociaux, comme je le propose dans mon programme municipal. Ces logements, ils sont destinés à tous les Niçois qui sont dans des situa­tions drama­tiques, de précarité, de handicap. Pas pour en faire des bases-​arrières des dealers !

"Christian Estrosi est un pompier pyromane"

3 N-​P. Christian Estrosi, comme vous, demandait depuis des mois à l'État l'envoi de CRS. Vous ne le trouvez pas assez autoritaire ?
P.V. : Il faut une révolution dans la philo­sophie de l'action. Le maire déverse des millions pour des associa­tions commu­nau­ta­ristes et de la rénovation urbaine : les murs ne sont pas des criminels. C'est quand une cité est pacifiée qu'on peut se lancer dans des travaux. Aux Moulins, on a détruit les tours les plus effrayantes : le quartier est encore plus criminel !

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4 N-​P. Aux Liserons, on parle à la fois d'affrontements commu­nau­taires entre Tchétchènes et maghrébins que d'une guerre entre trafi­quants, qu'en pensez-vous ?
P.V. : J'en pense qu'on a affaire à des commu­nautés qui se déchirent pour le monopole d'un trafic de stupé­fiants. Il y a des choses qui diffèrent mais aussi beaucoup de points communs avec ce qu'il se passe à Dijon. La conclusion sera-​t-​elle la même ? Ces commu­nautés feront-​elles la paix dans une des mosquées radica­lisées de Nice ?

"Nous sommes tous concernés"

5 N-​P. Si cette cité est surveillée de près, ou même rasée, y a-​t-​il un risque pour cette situation tendue s'étende à d'autres zones de la ville, touchées par les mêmes problé­ma­tiques ? (trafics, précarité, etc)

P.V. : Évidemment. Je pense à Bon-​Voyage ou à Pasteur par exemple. Et même sans que cela s'étende, il faut garder à l'esprit qu'une arme de guerre aux Liserons peut faire feu n'importe où dans Nice.

En réalité, Christian Estrosi se livre à un exercice de pompier-​pyromane. Il court les plateaux télé pendant que notre ville flambe. Les policiers et les pompiers sont caillassés, des fusillades éclatent dans les cités.

Pour quelqu'un comme moi qui a grandi dans un quartier populaire, je suis bien placé pour savoir que ces troubles nous concernent tous.

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