Pour le maire de Nice, la décons­truction d'Acropolis "n'est qu'un débat clima­tique, pour la sécurité des Niçois". Du côté des opposi­tions, on dénonce une hérésie écono­mique et environnementale.

C'était le vote agité du dernier conseil municipal. La délibé­ration 2.2 proposait aux élus d'acter "le principe de la démolition du palais des congrès Acropolis". Laquelle devrait commencer dès le début de l'année prochaine.

Christian Estrosi a été réélu en 2020 notamment sur ce vaste projet : y étendre vers le Nord sa Coulée verte, forêt urbaine en coeur de Nice, réhabi­liter à l'Ouest une friche et y installer un nouvel écrin pour des évène­ments inter­na­tionaux.

Pétitions, (petites) manifes­ta­tions, tribunes dans les médias… Depuis deux ans, gauche écolo­giste et extrême droite sont vent debout contre ce grand dessein. Hier, les conseillers municipaux devaient, une nouvelle fois, trancher.

Limiter les risques en cas de catastrophe

"Plus que jamais, au vu de l'actualité mais pas seulement, notre priorité doit être la transition écolo­gique : urbanisme respon­sable, lutte pour la qualité de l'air…" a entamé Christian Estrosi, dans un discours grave. "Ne pas agir pour une ville plus verte serait un geste coupable, et chacun devrait en répondre devant les Niçois".

L'extension de la Promenade du Paillon et ses 1.500 nouveaux arbres permet­tront de capter une grande quantité des émissions de CO2. Au-​delà même de la seule lutte contre les gaz à effet de serre, le maire a mis en avant les risques liés aux catas­trophes naturelles. 

Ne pas détruire les bâtiments construits sur le Paillon dans les années 1980 serait suici­daire, a-​t-​il mis en garde.

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"Écologie de comptoir"

Rien de très neuf du côté de l'argumentaire des groupes politiques opposés au projet, tant ils se battent depuis deux ans.

Du côté de Nice Écologique, Fabrice Decoupigny a dénoncé une "écologie de comptoir", expli­quant chiffres à l'appui qu'un nouveau grand parc en centre-​ville serait "incapable de compenser la pollution engendrée" par la démolition de l'ex Théâtre national (déjà entamée depuis le début de l'année) et d'Acropolis.

"Vos chiffres sont exacts, mais chaque nouvel îlot de fraîcheur compte" lui a répondu le docteur Richard Chemla,"monsieur environ­nement" de l'équipe municipale.

Retrouver Nice (Reconquête et ex-​RN), par la voix de Jean Moucheboeuf, a dénoncé un "brouillon de projet" de la Ville, chiffrant l'impact de cette démolition à "plus de 3 millards d'euros de manque à gagner sur cinq ans". 

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Le conseiller municipal a également rappelé les craintes des personnels chargés de la gestion d'Acropolis pour leur avenir. "Tous les employés seront conservés", lui a répondu le maire.

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